Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… le cinéma d’auteur chinois en 2018

Recensés, listés, critiqués : retrouvez, pour la troisième année consécutive sur Accreds, tous les films d’auteur chinois de l’année, mois après mois.


JANVIER

le 3

THARLO, LE BERGER TIBETAIN de Pema Tseden       🇨🇳🇨🇳
Présenté en Compétition Orizzonti à la Mostra 2015 (Venise, Italie)
Cyclo d’or au Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul 2016 (France)
Sorti dans les salles françaises le 3 janvier 2018

Le premier film de l’édition 2018 de notre article annuel consacré au cinéma d’auteur chinois est… tibétain. Plutôt que de tenter de légitimer la décision d’inclure ici Tharlo, et pour cela de discourir hâtivement et de fait naïvement sur l’identité culturelle et politique du territoire, autant estimer que le simple fait que le film pose lui-même la question justifie sa présence. S’il le fait, c’est pourtant précisément pour dire que ses personnages se désintéressent de cette interrogation. Pour le protagoniste éponyme, et possiblement pour la poignée de personnages qu’il croise, habitant dans son cas une ferme à la montagne et dans celui des autres au chef-lieu d’une région reculée du Tibet, la capitale Lhassa est une destination presque aussi exotique que Pékin ou New York. Pema Tseden déréalise ces trois villes en ne les représentant qu’en décors fictifs, tirages géant d’un studio de photo devant lesquelles posent Tharlo puis un couple de jeunes mariés, lors d’une séquence rappelant le très beau court-métrage multi-primé La lampe au beurre de yak (Hu Wei, 2013). Plus tard, toujours avec la même gradation Lhassa < Pékin < New York, Pema Tseden fait de ces trois villes l’objet du fantasme de Tharlo et de la coiffeuse qu’il rencontre vers le début du film, lorsqu’ils s’imaginent réunir une forte somme d’argent et s’installer là ou là-bas. C’est d’ailleurs presque l’essentiel d’une intrigue minimaliste que son auteur a malheureusement tendance à étirer outre-mesure, sur plus de deux heures, se coupant ainsi d’une version plus ramassée et sans doute plus fédératrice d’un film au demeurant charmant. On suit donc le berger Tharlo, contraint de se doter d’une carte d’identité, pour cela obligé de posséder une photo d’identité, et pour ce faire d’avoir les cheveux propres. Traversant la grande rue du chef-lieu, Tharlo va faire la connaissance d’une jeune coiffeuse, premier surpris de passer la nuit avec elle. La rencontre  va bouleverser son existence mais pas forcément de la façon la plus idyllique. Quand il la regarde, difficile de savoir si Tharlo la perçoit comme une déesse ou un démon. Pema Tseden relaie par sa mise en scène ces notions conjuguées d’ambivalence, d’incertitude et de faux-semblants à force de filmer ses personnages à travers des miroirs parfois visibles et d’autres fois cachés, ou de cadrer les consolidations d’une pièce telles des embrasures pour feindre des cloisonnements inexistants. Finalement, c’est au grand air que l’on se sent le plus rassuré, que l’on respire enfin, se dit-on, parfaitement amené par le réalisateur à ressentir ce que ressent Tharlo, berger dévoré (ou juste mordu ?) par la ville et ses loups le temps d’une nuit.

le 19
DEAD PIGS de Cathy Yan      A VENIR
Présenté en Compétition à Sundance (Park City, Etats-Unis)

du 19 au 21
LE 1er FESTIVAL DU CINEMA D’AUTEUR CHINOIS
Au Studio des Ursulines (Paris, France)
Site officiel

Au cœur du quartier latin se tient cette année la première édition d’un festival déjà incontournable pour les ciné-et-sinophiles, avec au programme six long et trois courts-métrages projetés en l’espace d’un week-end. Le vendredi soir sont proposés deux succès des plus grands succès du cinéma d’auteur chinois de 2017, ayant accompli le tour du monde des festivals : Angels wear white de Vivian Qu et Free & Easy de Jun Geng. Samedi : les trois beaux courts de l’ex-élève de la Femis et du Fresnoy Hu Wei, puis Paths of the Soul de Zhang Yang (Toronto 2015) et Hooly Bible II, nouveau documentaire de Li Hongqi, que l’on connaît surtout ici pour la fiction Winter Vacation (2010). Enfin le dimanche soir : Still Tomorrow de Fan Jian (My Land, 2016) et Where are you going de Zhengfan Yang (Another Year, 2016), succession de plans fixes depuis le pare-brise d’un taxi hongkongais, proposition alléchante en ce qu’elle apparaît éminemment kiarostamienne.

le 23
OLD STONE de Johnny Ma      🇨🇳🇨🇳
Sorti en DVD
La critique du film

 

FEVRIER

WANGDRAK’S RAIN BOOTS de Lhapal Gyal      A VENIR
Wang Zha de yuxue 
Présenté à la Berlinale (section Generation KPlus) (Berlin, Allemagne)

AN ELEPHANT SITTING STILL de Hu Bo      A VENIR
Présenté à la Berlinale (section Forum) (Berlin, Allemagne)