Comment commencer un film ? Les réponses de Greta Gerwig et Michel Gondry

La question fut posée dans le cadre des rencontres Berlinale Talent Campus. Pour y répondre, les membres du jury Greta Gerwig, Michel Gondry et James Schamus. Et leurs films respectifs. 

On y avait vu Paul Verhoeven lors de l’édition précédente. Les rencontres du Berlinale Talent Campus accueillaient cette année Greta Gerwig, Michel Gondry et James Schamus. Le thème :  « Comment commencer un film ? ». Furent projetés à titre d’exemples les scènes d’ouverture de Frances Ha, Eternal Sunshine of the Spotless Mind et The Ice Storm, mélodrame familial produit et co-écrit par Schamus, comme l’essentiel de la filmographie de Ang Lee.

Le deuxième film de Gondry – son plus beau – lance la discussion : « C’est la première fois que je me suis senti capable de faire des suggestions sur le scénario. Human Nature était un projet de longue date qui n’avait pas été écrit pour moi à la base. Je suis resté très respectueux du travail de Charlie Kaufmann. Peut-être que le résultat a souffert de ce respect et de cette timidité. » Pas faux. « Permettez-moi d’exprimer mon désaccord. On ne respecte jamais trop le travail d’un scénariste ! » rebondit avec humour James Schamus, l’autre papa de The Ice Storm, Chevauchée avec le diable ou encore Hôtel Woodstock. De qui cette trilogie historique tient-elle le plus ? Qu’est-ce que la James Schamus touch ?

La rencontre nous apprend que Schamus est aussi le producteur de Eternal Sunshine of The Spotless Mind et de Greenberg, première grosse production pour Gerwig et première collaboration avec Noah Baumbach avec lequel elle écrira Frances Ha. L’actrice a déjà sa petite expérience. Du temps où elle fut l’égérie du mumblecore, elle avait participé à l’écriture des films de Joe Swanberg (Hannah takes the stairs, Nights and Weekends dont elle est également la co-réalisatrice) et à celle de Northern Comfort, tourné en 3 jours avec un budget de 3000 dollars et basé entièrement sur l’improvisation : « Plus ça va, plus je m’en méfie. C’est plus rassurant d’avoir quelque chose de très écrit et de structuré. Ce qui n’empêche pas de briser les règles. Au contraire. « Break the rules ! » »

Le noir et le blanc et le montage de la romance platonique entre Frances et sa meilleure amie font toujours leur effet. Lors de la conférence de presse de Frances Ha l’an dernier à la Berlinale, Gerwig n’avait pas caché l’influence de Manhattan.  « Noah tenait à ce que je joue le personnage principal. Il était très pointilleux sur la manière dont les personnages devaient s’exprimer, sur quoi leur faire dire et comment. Je regrette qu’on n’ait pas gardé ma scène préférée dans le montage final. Mais au fond, c’était pour le mieux. » Schamus et Gerwig arrivent à la même conclusion que Richard Kelly. Quand saute du montage final la scène préférée de son auteur celle qui est la raison d’être du film, alors celui-ci est réussi. Le meilleur de la rencontre est dans cette conclusion. Elle répond à une autre question, qui fera peut-être un jour l’objet d’une rencontre : comment finir un film ?