Graff, hip hop, guerre des gangs et sentiments : le premier film d’Adam Leon est un concentré de street culture filmé avec une énergie réjouissante.

Gimme The Loot suit le parcours de Malcolm et Sofia, deux graffeurs du Bronx qui décident, après un énième affront tagué sur un mur, d’impressionner la bande adverse. Comment ? En graffant leur blaze sur la grande pomme qui s’élève dans le stade en cas de home run des Mets. Or le gardien des lieux leur demande 500 dollars pour les y faire entrer en douce…

Commence alors une course au dollar éffrénée de plus d’une heure, tirant sa réussite de sa modestie et de son énergie urbaine. Gimme The Loot fait d’ailleurs la part belle à la street culture, du hip hop rythmant un bon nombre de scènes, au graff, en s’appuyant sur la verve et le langage de ses personnages lors de dialogues souvent hilarants, portés par des acteurs débutants impressionnants de naturel.

Bien sûr tout n’est pas rose dans la vie des ados du Bronx. Gimme The Loot ose même par moments laisser pointer un soupçon de tristesse lorsque la réalité prend le pas sur les rêves de ses protagonistes : Malcolm se rend compte que la fille dont il était tombé sous le charme vit dans univers trop éloigné du sien, Sofia ne réussit pas à exprimer ses sentiments envers Malcolm, et les rêves de gloire du duo laissent vite place à de plus grandes difficultés.

Et pourtant le trait n’est jamais grossier, forcé. Les obstacles ne pèsent rien face à la motivation des personnages et du film. Le rire finit toujours par rattrapper les moments d’humiliation,  et même si les personnages enchaînent les désillusions, ils gardent toujours la même énergie et continuent à regarder devant eux. Il y a encore tant de choses à vivre.

Samuel Gleyze

 

GIMME THE LOOT (Etats-Unis, 2012), un film d’Adam Leon, avec Ty Hickson, Zoë Lescaze, Joshua Rivera. Durée : 81 min. Sortie prévue en France le 2 janvier 2013.