Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter

Que ma volonté soit faite fait suite au court-métrage de son autrice Julia Kowalski J’ai vu le visage du diable, déjà présenté à la Quinzaine des Cinéastes (il y a deux ans de cela, avant de remporter le prix Jean-Vigo) et qui accompagnait une jeune femme convaincue d’être possédée. La cinéaste continue ici son exploration de la figure de la sorcière, cette fois dédoublée – une femme qui sera accusée à tort de l’être (jouée par Roxane Mesquida), et une autre (interprétée avec une intensité inouïe par Maria Wrobel, qui tenait déjà le premier rôle de J’ai vu le visage du diable) qui l’est belle et bien sans que cela se sache au-delà de sa famille.
Ces manifestations diverses de la sorcellerie, réelles ou fantasmées, se rejoignent dans le fait qu’elles ont toutes pour origine la domination et la maltraitance infligées aux femmes par les hommes, qui seront les catalyseurs de la seconde moitié, nocturne et terrible, de Que ma volonté soit faite. Avant d’en arriver là, le film aura développé avec un grand talent d’écriture et de mise en scène la complexité de ses deux protagonistes féminines, de même que le mystère qui enveloppe leur rapport à leur environnement et leur entourage – les éléments de contexte et de compréhension (sur les pouvoirs occultes de l’héroïne, mais aussi sur les liens entre les personnages) nous sont donnés au fil de leur impact sur les évènements, et non par le biais d’une laborieuse phase d’exposition. Lorsqu’une journée de mariage dérape en une nuit de cauchemar, d’un symbolisme aussi marqué (l’alcool, les armes à feu, le sexe, l’animalité, tout cela dans une magnifique pénombre rougeoyante signée Simon Beaufils, le chef opérateur de Bowling Saturne et Anatomie d’une chute) que marquant, on entre dans le vif du sujet avec un engrenage de violence et de vengeances allant crescendo, sous l’œil acéré de la caméra de Kowalski qui en tire des visions ravageuses et perturbantes, brutales et allégoriques. Si la fin du film tombe un peu à plat après cette longue nuit en apnée, on n’oublie pas pour autant de si tôt le regard habité et saisissant de son héroïne, et le regard virulent et inspiré de sa cinéaste.
Le 78è Festival de Cannes se déroule du 13 au 24 mai 2025.
QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE (France-Pologne, 2025), un film de Julia Kowalski, avec Maria Wrobel, Roxane Mesquida, Jean-Baptiste Durand. Durée : 95 minutes. Sortie en France indéterminée.