LUXEMBOURG 2018 : ne vous inquiétez pas, ce festival ira loin

Positionné juste après Sundance, concomitant avec la Berlinale, précédent de peu SXSW, le jeune «LuxFilmFest» tire le meilleur de ce calendrier et s’impose de plus en plus comme un indispensable pour les festivaliers européens. Cette année, sa huitième, en plus d’une Compétition très alléchante, de tout frais Wes Anderson et Gus Van Sant y seront notamment présentés.

 

Le LuxFilmFest a réussi plusieurs jolis coups en programmant pour son édition 2018 L’île aux chiens de Wes Anderson, en clôture rapidement après sa Première mondiale à Berlin, un autre film animé de renom en ouverture (The Breadwinner de Nora Twomey, en route pour les Oscars début mars), mais aussi l’enivrant Phantom Thread de P.T Anderson, Don’t worry, he won’t get far on foot de Gus Van Sant ou encore La mort de Staline d’Armando Iannucci, annoncé comme le feel-good movie de l’année.


Malgré tout, ce sont peut-être les œuvres visibles en compétition qui font la plus forte impression…

Naturellement, celles-ci sont plus exigeantes, moins glamour que les projections «tapis rouge», et pourtant cette Compétition apparaît comme le maillon fort du LuxFilmFest 2018, s’annonçant à la fois cohérente et éclectique, s’appuyant sur des bêtes de concours, mais pas seulement.

Le jury présidé par Atom Egoyan, qui livrera aussi une Masterclass, a donc pour mission de désigner son chouchou parmi onze long-métrages et l’on ne sait pas si l’on doit se réjouir pour eux ou bien les plaindre au regard de l’embarras du choix :
Disappearance d’Ali Asgari, buzz vénitien et annoncé comme le nouveau Une séparation ;
Foxtrot de Samuel Maoz, buzz quant à lui général de la fin d’année festivalière passée ;
le coup d’essai convaincant et cinglant Free & Easy de Geng Jun ;
Pity de Babis Makridis dont on entendait impatiemment le retour depuis la frappant et frappé L en 2012 ;
Pororoca de Constantin Popoescu, l’un des artisans de la «Nouvelle vague roumaine» qui, comme ses aînés Puiu ou Mungiu, voit large (152 minutes) ;
ou encore et enfin Gutland qui réunit à l’écran deux des plus belles révélations européennes de ces dernières années : Vicky Krieps (celle, récente, de Phantom Thread) et Frederick Lau, inoubliable dans Victoria de Sebastian Schipper (2015).

Hors compétition, en plus des films fort de ce début d’année cités plus haut, l’agenda sa noircit encore et rapidement avec : Have you seen my movie ?, un projet intriguant, œuvre uniquement constituée de scènes se déroulant au cinéma, sans doute à ranger aux côtés du récent de Johann Lurf (montage de plans d’étoiles au cinéma présenté cette année à Rotterdam) ; le charmant Columbus de Kogonada, qui vaut pour sa romance mais peut-être plus encore pour son discours étonnamment exaltant sur l’architecture urbaine ; Madame Hyde de Serge Bozon (la curiosité sera toujours là) ; un Pen-ek Ratanaruang ; un Kore-eda ; et enfin un documentaire qu’il serait fâcheux de ne pas citer, Brasilia : Life After Design, oui essentiellement parce que son réalisateur s’appelle Bart Simpson.

Le festival propose encore d’autres bien sections tel son pavillon réservé à la VR, une compétition documentaire, un focus sur les coproductions nationales (Gutland, The Breadwinner mais aussi Mary Shelley avec Elle Fanning et de Haifaa Al-Mansour, réalisatrice de Wadjda), et des films «jeunes publics» incluant notamment les programmes courts Des trésors plein ma poche et Du vent dans les roseaux, recelant chacun d’au moins un bijou (respectivement Le petit bonhomme de poche d’Ana Chubinidze et La petite fille et la nuit de Madina Iskhakova).

La 8ème édition du Luxembourg City Film Festival se déroule du 22 février au 4 mars 2018.