CURTOCIRCUÍTO 2016 : lieu de culte pour futurs films cultes ?

A Saint-Jacques de Compostelle, sans pouvoir rivaliser avec les centaines de milliers de pèlerins de l’autre célèbre événement local, le festival Curtocircuíto vaut pourtant lui aussi le déplacement.

La 13ème édition de Curtocircuíto se tient début octobre en Galice. Parmi les réalisateurs à s’y rendre cette année, notons deux noms imposants : Abel Ferrara et Sergei Loznitsa.
Le premier sera présent pour montrer trois de ses courts-métrages réalisés au début des années 1970, mais aussi pour présenter quelques courts d’auteurs majeurs : Pasolini (La ricotta), Godard (Tous les garçons s’appellent Patrick), Michael Snow (Standard Time) et George Lucas (Electronic Labyrinth THX 1138 4EB). Le second, avant d’être un habitué cannois avec My Joy, Dans la brume et Maidan, a tourné une dizaine de courts qui seront tous projetés en sa présence, ainsi que son dernier et déjà très réputé long documentaire, The Event (lire la critique).

Mais Curtocircuíto n’est pas qu’affaire rétrospective, il s’agit aussi de prendre le pouls de la création courte actuelle.
Plusieurs dizaines de courts-métrages seront visibles, au sein de quatre compétitions parallèles. Notamment quelques coqueluches de festivals : Denis Côté (Excursions), Nicolas Provost (Exodus) ou Ben Rivers (There is a happy land further away). Rivers qui a récemment co-réalisé The Hunchback avec l’infatigable et fantasque Gabriel Abrantes, qui lui aussi a déjà tourné un autre court depuis, une autre merveille, à voir à CurtoCircuito : A brief history of Princess X, ou le retour en six minutes sur la sculpture éponyme signée Constantin Brâncuși et sur la vie de la princesse Marie Bonaparte qui fut l’inspiration de l’oeuvre, si dadaïste et phallique fut-elle.

A BRIEF HISTORY OF PRINCESS X de Gabriel Abrantes

Autre pitch excitant, celui du nouveau court de Jonathan Vinel en collaboration avec Caroline Poggi, le tandem lauréat de l’Ours d’or du court-métrage Tant qu’il nous reste des fusils à pompe et du fascinant Notre amour est assez puissant, de retour avec Notre héritage sur le destin d’un jeune homme dont le père serait le pornographe controversé Pierre Woodman.
Parmi les autres moments forts : le beau Hotaru de William Laboury, auquel on peut d’ailleurs trouver une parenté avec les oeuvres naissantes de Jonathan Vinel ou Benjamin Nuel (Hotel) ; Y’a-t-il une vierge vivante ? de Bertrand Mandico (Boro in the box) ; Mata Atlantica de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval ; et en animation les fables aussi noires que désopilantes découvertes à Cannes de Jan Saska (Happy End) et d’Alberto Vázquez (Decorado), ou encore l’envoûtant Eden’s Edge de Gerhard Treml et Leo Calice.

En marge des films à découvrir, Curtocircuíto ce sont aussi des ateliers animés par des professionnels et une série de concerts organisés en collaboration avec d’autres organisations culturelles de la ville.

Le festival international CURTOCIRCUÍTO se tient du 3 au 9 octobre à Saint-Jacques de Compostelle en Galice, Espagne.