WAR ON SCREEN 2014 : on se re-mobilise !

War on Screen, deuxième édition. Et cette fois, c’est personnel. Après le galop d’essai fructueux de l’an passé – tant du côté de la programmation que du public – la préfecture de la Marne voit sa scène nationale, La Comète, rôdée pour commémorer le centenaire de 1914.

Cette année, pour la deuxième édition, le Festival du Film de Guerre – plus général : le festival des films abordant d’une façon ou d’une autre un conflit entre deux nations (trop long pour les affiches, n’est-ce-pas) – se penche sur la Troisième Guerre Mondiale, avec une programmation alléchante, signée Olivier Broche (mais si, le petit intellectuel rabroué des Deschiens) : sur le grand écran de La Comète, ce sera l’occasion de croiser les visions apocalyptiques de James Cameron, Steven Spielberg ou Alfonso Cuaron (faut-il vraiment rappeler le titre de leurs films ?) mais aussi de Peter Watkins, Chris Marker ou Tarkovski. Mieux : Le bunker de la dernière rafale, réalisé en 1981 par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, sera projeté en présence de Marc Caro, qui mixera le son en direct.

DAS BOOT de Wolfgang Petersen Découvert à la Quinzaine des Réalisateurs, Queen and Country, de John Boorman, fera la clôture du festival et d’une rétrospective consacrée à l’Âge d’Or du réalisateur (on ne va pas vous mentir : Queen and Country n’est pas franchement son meilleur), avec tous ses films de guerre (Zardoz compris !). Deux focus permettront de peaufiner votre connaissance, d’un côté, des Printemps Arabes (beaucoup de films autour de la Tunisie et la Syrie, avec une table ronde qui risque de valoir son pesant de géopolitique), et de l’autre, de la guerre en ex-Yougoslavie : beaucoup de Danis Tanovic (Le Bagage, Cirkus Columbia, No Man’s Land), deux Ophüls (un Marcel, un Max), un Winterbottom (Welcome to Sarajevo), mais également des courts-métrages signés, entre autres, Chris Marker et Jean-Luc Godard. Deux rétrospectives permettront également d’évoquer, tout en classiques, la Grand Guerre : la première, via la comédie (du célèbre Charlot Soldat à un film de Jean-Jacques Annaud sorti en 1979), la seconde, via la figure de l’espionne (avec du Sternberg, du Michael Powell…). La Seconde Guerre Mondiale, quant à elle, sera évoquée lors de la projection en séance spéciale d’un autre classique, Das Boot, de Wolfgang Petersen – certes pas dans la version director’s cut de 4 heures, mais présentée par le parrain du festival, Albert Dupontel.

Et on ne vous a encore rien dit de la compétition. Courts-métrages, et longs, qu’on a plutôt hâte de découvrir (l’année dernière, les très bons Omar, de Hany Abu-Assad et Rose, de Wosjciech Smarzowski avaient été primés). Dix films, dont deux documentaires, tous inédits en France. Ce sera l’occasion de découvrir A 1000 times goodnight, avec Juliette Binoche, en présence du réalisateur Erik Poppe. On est également intrigué par Canopy d’Aaron Wilson : en 1942, à Singapour, un soldat américain se retrouve seul et rencontre quelqu’un dont il ne parle pas le langage. Résultat : aucun dialogue dans le film. L’acteur principal sera là. Et puisque cela fait belle lurette que la guerre n’est plus qu’une occupation masculine, on trouve en compétition Fort Bliss, avec Michelle Monaghan (vue dans Mission : Impossible 3) dans son premier premier rôle au cinéma après True Detective, sur une marine qui rentre d’Afghanistan (à mettre en parallèle du coup avec A 1000 times goodnight, où c’est Juliette Binoche qui rentre d’Afghanistan, mais après y avoir été photographe). La réalisatrice de Fort Bliss, Claudia Myers, sera à Châlons. L’autre film de femmes sera une fable, Self Made, de Shira Geffen, dans lequel deux femmes échangent de vie – l’une israélienne, l’autre palestienne… Le conflit israélo-palestinien sera également au cœur de l’un des deux documentaires, The Green Prince de Nadav Schirman, sur l’espionnage ; l’autre documentaire s’annonce comme une immersion place Tahrir (The Square, de Jehane Noujaim).
La liste des réjouissances n’est évidemment pas exhaustive. La cérémonie d’ouverture a lieu mercredi 1er octobre à 19h15, elle sera suivie d’un ciné-concert de Michael Nyman (le compositeur de La Leçon de Piano, oui). Châlons est à 1h en TGV de la Gare de l’Est ; le théâtre, à un quart d’heure à pied de la gare de Châlons… Vous savez ce qui vous reste à faire. A l’assaut.

Le 3e Festival War On Screen se déroule du 1er au 5 octobre 2014