VENISE 2013 en 13 chiffres-clés (avec James Franco dedans)

En panne d’inspiration pour remplir votre grille de Loto ? Voici quelques conseils : l’as, le 5, le 33, le 70 et James Franco. Avec en prime des liens précieux pour suivre la vie de Gia Coppola, petite-fille du célèbre viticulteur-réalisateur, et regarder des films de la Mostra depuis chez soi (mais des films sans James Franco).

 

1

C’est le nombre de films français en compétition. On pourra ergoter en comptant les nombreuses coproductions (13, ce qui fait de la France le 3ème pays le plus représenté, derrière les Etats-Unis et l’Italie), mais ne soyons pas mesquins. Avec La jalousie, Philippe et Louis Garrel porteront haut et fort les couleurs de notre pays, le noir et le blanc, puisque ce sont celles du film. La première phrase du synopsis officiel promet un feu d’artifices narratifs : « Un homme de 30 ans vit avec une femme dans un meublé ». La suite s’annonce plus explosive encore, le trentenaire en question ayant eu un enfant avec une femme qu’il a abandonnée. C’est donc un salaud ou pas loin, toujours plus intéressant que le pauvre hère incarné par Kad Mérad dans Superstar, la plus navrante des deux sélections françaises en compétition l’année dernière (avec Après mai d’Olivier Assayas).

 

2

C’est le nombre de premiers longs-métrages en compétition : Via Castellana Bandiera de et avec Emma Dante (au pitch minéral, tel que livré par Allociné : « chacune au volant de leur voiture, Samira et Rosa refusent de céder la place à l’autre ») et Parkland de Peter Landesman (film-choral sur les événements ayant suivi l’assassinat de JFK, au Parkland Memorial Hospital où il fut déclaré mort). C’est également le nombre de documentaires en compétition : The Unknown Known, portrait de Donald Rumsfeld par l’aguerri Errol Morris, et Sacro Gra de Gianfranco Rosi, consacré au GRA, le grand contournement de Rome, la ceinture périphérique entourant la capitale italienne.

 

2

C’est également le nombre de films ayant James Franco à leur affiche, l’un en tant que réalisateur, co-scénariste et acteur (Child of God, en compétition), l’autre seulement en tant qu’acteur (Palo Alto de Gia Coppola, en Orizzonti). Rien ne vient donc enrayer la chute de l’artiste polyvalent, au générique d’un seul film à Cannes (As I Lay Dying au Certain Regard), de quatre à Berlin, de trois millions à Sundance, etc. Le prochain grand festival international se fera-t-il sans lui ? Inimaginable. James pourrait filmer en plan-séquence un ananas posé sur la lunette de ses toilettes qu’il y aurait toujours quelqu’un, quelque part, pour le sélectionner. Pourvu que ça ne dure pas trop longtemps quand même.

James Franco est partout, même au bar de la 69ème Mostra, l'année dernière 

2

C’est enfin le nombre de fois consécutives qu’Alberto Barbera dirige la Mostra. Sur le papier, sa sélection donne l’impression de s’être fait damer tous les bons pions par un Festival de Toronto concurrent et de plus en plus vorace. Sur le principe, attendons de voir les films avant de juger.

 

6

C’est le nombre de Coppola issus de Francis désormais réalisateurs de longs-métrages. Dans la famille, nous avions le père, la mère Eleanor (Hearts of Darkness), le fils Roman, la fille Sofia et le neveu Nicolas Cage, auteur en 2002 d’un long-métrage, Sonny, avec… James Franco. Il faut désormais compter avec Gia, la petite-fille, 26 ans et qui est trop tendance puisqu’on la trouve sur Twitter, Tumblr et Vimeo. Son premier long s’intitule Palo Alto et s’inspire d’une nouvelle tirée du recueil du même nom écrit par… James Franco. Au casting : Emma Roberts (fille d’Eric et nièce de Julia), Christian Madsen (fils de Michael), Jack Kilmer (fils de Val, qui joue également dans le film) et ces gros losers de Keegan Allen, Sam Dillon et Bo Mitchell, qui ne sont même pas les fils de Woody Allen, de Matt Dillon ou de Bo Derek.

James Franco est partout, même au bar de la 69ème Mostra, l'année dernière 

7

C’est le nombre de sections que compte cette année la Mostra, avec l’installation définitive de Venice Classics, espace consacré aux films dits de patrimoine et aux documentaires cinéphiles, et l’instauration du Biennale College, proche dans l’esprit de la Cinéfondation du Festival de Cannes. Autant allez au bout des équivalences d’ailleurs : Orizzonti, c’est le Certain Regard, Venice Days, c’est la Quinzaine des Réalisateurs, et la Semaine Internationale de la Critique, c’est la Semaine de la Critique (la version cannoise ayant écarté la mention « internationale » de son appellation officielle).

 

8

C’est le nombre de jurés sous la présidence de Bernardo Bertolucci, dont Andrea Arnold qui a déjà fait parler la poudre à Cannes l’année dernière et… James Franco. Non, c’est faux. Mieux : Carrie Fisher, actrice dans une poignée de films dont une obscure trilogie devenue double trilogie, où elle interprétait une princesse prête à coucher avec son frère. Leia en personne dans le jury : pourquoi n’est-ce pas elle la présidente ?

 

15

C’est le nombre de longs-métrages sélectionnés visibles en ligne, légalement, dans la salle web, 12 longs-métrages d’Orizzonti et 3 de la Biennale College (dédiée aux films aux micro-budgets). Pour les voir depuis chez soi, en streaming, il suffit d’acheter son billet à cette adresse (il coûte 4 euros, mais si vous êtes 40 à regarder en même temps, ça fait la place à 10 centimes par tête), pour la séance de son choix, sous-titrée en anglais, et dans la limite des 500 places de la salle virtuelle. La petite excitation tient au fait que les films ne sont visibles qu’une fois, à partir du moment précis de leur projection officielle à Venise, et dans les 24h qui suivent, et que la transaction vous vaut de recevoir dans votre boite mail un vrai ticket à imprimer, si vous en faîtes la collection et que vous êtes sérieusement dérangé. Au programme notamment, Why Don’t You Play in Hell de Sono Sion le 29 août, Je m’appelle Hmmm d’Agnès B. le 1er septembre ou Eastern Boys de Robin Campillo (créateur des Revenants, film et série TV) le 4 septembre.

 

33

C’est le nombre de nations représentées en Sélection Officielle, ce qui n’a rien d’ébouriffant, vu que les Etats-Unis, l’Italie et la France cumulent à elles seules plus de la moitié des productions.

 

70

C’est le nombre d’éditions de la Mostra, qui fêtait l’année dernière ses 80 ans d’existence, puisque fondée en 1932, avec une périodicité calquée sur celle de la biennale (donc tous les deux ans), et une interruption dans les années 40 après tout de même avoir décerné le Lion d’Or au Juif Süss en 1940, qui aurait sans mal remporté le Grand Prix du film nazi si un tel festival avait existé à l’époque.

 

70

C’est également le nombre de cinéastes participant à Venezia 70 – Future Reloaded, invités à réaliser chacun un court d’une durée de 60 à 90 secondes, sans autre contrainte. L’ensemble est projeté le jour de l’ouverture. Parmi les réalisateurs recrutés, Bernardo Bertolucci (président du jury), Paul Shrader (président du jury Orizzonti), Apichatpong Weerasethakul, Ulrich Seidl, Monte Hellman, Joao Pedro Rodrigues, Isabel Coixet, Claire Denis, Hong Sang-soo, Yorgos Lanthimos et… James Franco. On imagine mal comment un enchaînement de 70 très courts métrages peut donner autre chose qu’un sévère mal de tête…

James Franco est partout, même au bar de la 69ème Mostra, l'année dernière 

244

C’est, en minutes, la durée du plus long film présenté cette année à Venise, At Berkeley, le documentaire de Frederick Wiseman consacré à la vie sur le campus californien qui donne son titre à ce très long métrage. Il est suivi de près par Home From Home – Chronicle of a Vision (230 minutes) de l’allemand Edgar Reitz, prolongement de sa trilogie Heimat, et  ‘Til Madness Do Us Part de Wang Bing (227 minutes).

 

3470

C’est le nombre de films vus par les sélectionneurs, dont 1534 longs et 1936 courts-métrages, afin d’en retenir 37 au final en sélection officielle (dont 4 courts ou moyens-métrages).

 

La 70ème Mostra de James Franco se déroule du 28 août au 7 septembre 2013.