Un état du monde et du cinéma 2016 : Reda Kateb et Cristian Mungiu à l’honneur, Christine Taubira « en colère »

« Un état du monde…et du cinéma » : tout un programme, comme dit l’autre. Un beau programme en l’occurrence, avec trois invités d’honneur, un focus sur le jeune cinéma iranien, une programmation qui interroge « l’identité », des avant-premières et des apéros géopolitiques !  

Abordant les films sous l’angle de la géopolitique (ou l’inverse), le festival organisé par le Forum des Images met cette année à l’honneur le charismatique Reda Kateb, qu’on verra prochainement chez Wim Wenders et dans le premier long métrage du duo de La Rumeur (Les derniers parisiens), Cristian Mungiu, figure de proue du nouveau cinéma roumain (il présentera en avant-première son Baccalauréat, Prix de la Mise en Scène au dernier Festival de Cannes) et, last but not least, Christine Taubira, à qui l’on donne à nouveau carte blanche après le 2e So Film Summercamp (elle y présentait Le Cuirassé Potemkine !). Sa programmation est constituée de films politiques mais pas que, même si certains titres reflètent justement un état du moment : Z de Costa-Gavras, Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle, Do the Right Thing de Spike Lee, Douze hommes en colère de Sidney Lumet. L’ex-Garde des Sceaux participera également à une discussion autour de l' »identité » avec l’historien Patrick Boucheron. Alain Badiou, qui fait l’éloge de la différence et l’altérité en amour comme en politique, aurait pu aussi être de la partie. Rien de plus dangeureux que l’identité. La vocation de ce programme est précisément de sortir de cette « impasse identitaire » à travers des films comme Zelig de Woody Allen, Transamerica de Duncan Tucker ou encore l’immense Spanglish de James L. Brooks (son meilleur ?).

Cette huitième édition fait également la lumière sur le travail de jeunes réalisateurs iraniens Sanaz Azari (I comme Iran), Reza Dhormishian (I’m not Angry), Shahram Mokri (Fish and Cat). Une sélection qui devrait tourner autour de l’exil.  Chaque soir enfin, le festival projette des films en avant-première : Diamond Island de Davy Chou, Tempête de Sable d’Elite Zexer,  Inversion de Behnam Behzadi, Hedi de Mohammed Ben Attia, le « lauréat » tunisien (à double titre, parce qu’il évoque la comédie dramatique de Mike Nichols, parce qu’il a déjà remporté plusieurs prix).

Pour plus de renseignements, le programme détaillé

La 8e édition du festival Un état du monde… et du cinéma se déroulera du 18 au 27 novembre 2016