BANG GANG : liberté sexuelle à consommer avec modération

Au cours d’une de leurs soirées, une bande de lycéens Biarrots invente un nouveau jeu, le « Bang Gang », une sorte d’action ou vérité sauf « qu’ici, il n’y a que de l’action » : pour son premier long-métrage, Eva Husson évite le trash gratuit mais laisse sceptique quant à ses intentions.

C’est dans la villa de l’un d’entre eux, Alex, que les ados se livrent à des jeux sexuels qui bien vite se transforment en partouzes. Une villa à l’écart du monde dont l’intimité est compromise par les smartphones. Volontairement, les membres du groupe se filment, se montrent leurs vidéos et les partagent, jusqu’au jour où l’une des filles de la bande se retrouve sur YouTube. S’en suit alors une longue chute au cours de laquelle se mêlent gamineries et prises de conscience.

L’utilisation de musique plus lente sur les scènes de bang gang vient adoucir l’aspect trash du film. Gros plans fréquents sur les ados, les longs cheveux des filles et les corps enlacés, couchers de soleil sur la plage donnent au film d’Eva Husson une dimension poétique qui contraste avec le scabreux du scénario.

Inspirée d’un fait divers, cette « histoire d’amour moderne », selon le sous-titre du film, est ambiguë : le spectateur oscille entre empathie et antipathie vis à vis de ces lycéens puérils, qui malgré leur inconscience sont persuadés d’agir au nom de leur liberté. L’intention première de Bang Gang échappe au spectateur. Eva Husson a-t-elle voulu dénoncer l’inconscience de la jeunesse ? Mais dans ce cas, pourquoi présente-t-elle ses jeunes sous un angle si positif ? Malgré ces questions sans réponses, Bang Gang est un film touchant qui réussit parfois à célébrer cette liberté à laquelle aspirent les adolescents.

Anouk Lainé et Lucie Goulard

 

BANG GANG (UNE HISTOIRE D’AMOUR MODERNE) (France, 2015), un film d’Eva Husson, avec Finnegan Oldfield, Marylin Lima, Daisy Broom, Lorenzo Lefebvre. Durée : 98 minutes. Sortie en France le 13 janvier 2016.