CRETEIL 2014 : être réalisatrice, c’est du sport

Le festival Films de Femmes de Créteil a 36 ans. Il est toujours plus diversifié, puisque ses Compétitions internationales de fictions et documentaires ont une forte concurrence cette année : une rétro cinéma vietnamien, des biopics de tous horizons et une quinzaine de films sur le thème du sport. Coup d’envoi le 14 mars !

Depuis quelques années, la faible proportion de films réalisés par des femmes et celle, tout aussi minime, de personnages féminins parlants dans la production mondiale sont devenus des sujets récurrents dans les médias, spécialisés du moins. Dans ce contexte, l’existence de Films de Femmes prend plus que jamais sens. Le festival sert à la fois à montrer que ces films existent bel et bien, et tout autant à réajuster un peu les choses le temps de la manifestation. Il faudrait toutefois qu’elle dure 3 mois et monopolise 300 écrans français pour que la balance parvienne réellement à l’équilibre.

LES DIEUX DU STADE de Leni RiefenstahlLa valeur de Films de Femmes réside dans l’ambition bicéphale de sa programmation.  Une première volonté est de proposer des films militants, qui interrogent la place de la femme dans la société, mais aussi des discussions pour prolonger ces débats et fatalement questionner ensuite la place de la femme dans le cinéma d’aujourd’hui. Cette année, pour ce faire, le festival propose un colloque «femmes et cinéma» et deux tables rondes accompagnant les rétrospectives : «La place des femmes dans le sport et l’éducation sportive des filles» et « Vietnam, le cinéma se décline au féminin». Son autre désir est justement d’oublier un temps ces préoccupations politiques, et de projeter des films qui ne cherchent jamais à rendre visible le genre du cinéaste derrière la caméra. Reste donc à voir dans quelle catégorie les différents films des Compétitions de cette 36ème édition peuvent être rangés.

Parmi eux, on peut découvrir cette année le dernier Isabel Coixet (Ayer no termina nunca), un film russe sur la fin du monde (Corps et bien), un suédois qui s’en approche aussi avec son cercle Arctique vacillant (Broken Hill Blues) ou encore un documentaire qui convoque menace écologique et cinéma de propagande d’inspiration nord-coréenne (Aim High in Creation !). Les avant-premières les plus attendues se distinguent au sein du cycle «Le corps / Les femmes / Le sport» avec Sarah préfère la course de Chloé Robichaud (découvert au Certain Regard de Cannes l’an dernier) et Dancing in Jaffa de Hilla Medalia (passé par Deauville US). Une section qui accueille par ailleurs des films aussi différents que Les Dieux du stade de Leni Riefenstahl (1938), le charmant Bliss de Drew Barrymore (2009) et Des épaules solides (2002) ; ce dernier est le premier film d’Ursula Meier (Home, L’enfant d’en haut), chronique d’une étudiante en sport-études et des pressions qu’elle subit au quotidien dans son internat.

Le chilien L’été des poissons volants en séance d’ouverture, la rareté de la cinéaste suisse citée précédemment, les films non moins difficiles d’accès réunis pour l’hommage au cinéma vietnamien ; tout cela donne une idée claire de la diversité revendiquée par le festival Films de Femmes.

Le 36ème Festival International «Films de Femmes» de Créteil se déroule du 14 au 23 mars 2014.