Will Ferrell… en 10 vidéos

Les occasions de parler de l’acteur Will Ferrell sur Accreds ne sont pas courantes. Heureusement, le festival de Vienne a eu la bonne idée de lui rendre hommage cet automne. Il n’en faut pas plus pour voir ici compilées 10 vidéos (en VO) pour 10 moments-clés et hilarants de sa carrière.

 


#1 La découverte

En 1997, les français font la connaissance de Will Ferrell grâce à son petit rôle de Mustafa dans Austin Powers, mais aucun n’a réellement retenu son nom ou son visage. Oui, aucun, pas la peine de faire semblant. De fait, personne ne se presse pour le voir dans Une nuit au Roxbury (l’adaptation ciné d’un sketch à succès du Saturday Night Live) et le film ne totalise que 1000 entrées lors de sa sortie en 1998. Deux ans plus tard, Will Ferrell est même devenu le chat noir du box-office français : Superstar et Dick – les coulisses de la présidence engrangent respectivement 104 et 154 ridicules entrées sur le territoire. La « Ferrell Mania » a fait comme le nuage toxique de Tchernobyl, elle s’est arrêtée pile à la frontière française.

« The Roxbury Guys », Saturday Night Live, 1996

 


#2 La (véritable) découverte

Les plus précoces vous diront qu’ils ont repéré et retenu le nom de Will Ferrell grâce à son interprétation du styliste fantasque Mugatu dans Zoolander (2001). D’autres confesseront avoir attendu sa participation à Starsky & Hutch en 2004 pour qu’il laisse enfin une empreinte dans leur esprit. Ses yeux bleus, perçants, hallucinés, derrière cette vitre, avaient effectivement quelque chose de mémorable.

Starsky & Hutch, Todd Phillips, 2004

 


#3 Devenir fan

Et puis vient ce moment où le spectateur ne se contente plus de rire ça et là devant les facéties occasionnelles de Will Ferrell, il devient carrément fan. Le « moment » en question diffère pour chacun. Néanmoins, si l’on tape quelque chose comme « Ferrell Best Scene » sur Google, cela peut aider à isoler une scène culte dans sa carrière. C’est alors son rôle de « funeral crasher » dans Wedding Crashers qui remonte en tête de liste. Et ce n’est que logique. Chaque mouvement, de son visage, de ses bras, chaque intonation, chaque regard, se charge d’une drôlerie infinie dans cette scène de Serial Noceurs (le titre VF). Le néo-fan se la repasse en boucle sur son lecteur DVD, en attendant fébrilement le film suivant de l’acteur. Malheureusement, il s’agit de Ma sorcière bien-aimée...

Serial Noceurs, David Dobkin, 2005

 


#4 Tout voir (même ce qui semble insignifiant)

La folie s’empare de celui qui a succombé aux charmes du géant californien (c’est l’instant bio de l’article, celui où l’on apprend que Will Ferrell s’appelle en réalité « John William Ferrell », qu’il mesure 1m91 et qu’il est né à Irvine, en Californie). Le fan veut désormais tout voir, tout revoir, dans le désordre, qu’importe. Superstar et Dick ? Hop, direction la Fnac. Ses sketchs du Saturday Night Live ? Ok, zappons sur Comédie ! à 25 heures du soir pour espérer tomber sur une émission de sa période 1995-2002… ce qui n’arrive jamais. Qu’à cela ne tienne, deux Best of : Will Ferrell sont disponibles en import DVD Zone 1. C’est aussi par ce biais qu’il est possible de se procurer The Producers (remake des pièce et film de Mel Brooks), Winter Passing (obscur drame indépendant) ou encore Kicking & Screaming (comédie sportive façon Sandler, en cela précurseur des Rois du patin, de Ricky Bobby ou de Semi-Pro).

« Space : The Infinite Frontier, with Harry Caray », Saturday Night Live, 1997

 


#5 Tout voir (même ce qui semble absurde)

La fringale Ferrellienne ne connaît pas de limite, aucun synopsis ne parait trop absurde pour laisser de marbre. Dans cette optique, une comédie familiale dans laquelle il joue un grand dadais élevé au Royaume du Père Noël soudainement balancé dans les pattes d’un James Caan bougon se révèle immanquable. Le film est d’ailleurs plutôt réussi, et permet à Ferrell de façonner le type de personnage régressif qui fera sa renommée. Ron Burgundy, Ricky Bobby ou Brennan Huff, trois personnages qu’il co-écrit avec Adam McKay les années suivantes, sont d’autres enfants coincés dans des corps d’adulte, trois originaux à la fois turbulents, francs et candides.

Elfe, Jon Favreau, 2003

 


 #6 La consécration

Ron Burgundy. Un homme, une moustache.

Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy, Adam McKay, 2005

 


# 7 L’ami Reilly

Will Ferrell, le grand enfant, s’est enfin trouvé un meilleur copain : John C. Reilly. Will a même une « mauvaise influence » sur le petit John. Pourtant, avant de se fréquenter, Reilly, c’était le bon élève : il joue du Tennessee Williams à Broadway, il est touchant à en pleurer chez P.T. Anderson, il chante divinement dans Chicago au point de flirter avec l’Oscar du meilleur second rôle, etc.. Et puis c’est la dégringolade : le voici pilote décérébré dans Ricky Bobby, ado attardé dans Frangins malgré eux et même singe coincé dans l’anus d’un lion pour la chaîne web Funny Or Die. John C. Reilly est irrécupérable, au plus grand plaisir de son ami Will.

Green Team, Funny or Die, 2007

 


# 8 Le grand-écart

Si Will Ferrell s’est permis, dans la première moitié des années 2000, quelques infidélité à la comédie (tout Winter Passing, la moitié de Melinda & Melinda), c’est dans la seconde part de la décennie que ses performances dramatiques attirent le plus l’attention. C’est le cas avec L’incroyable destin de Harold Crick (Marc Forster, 2006) et Everything must go (Dan Rush, 2010 – inédit en France). Il accomplit quelques aller-retours entre ces projets sensibles et toujours plus de comédies absurdes, peut-être plus que jamais (Les rois du patin, Semi-Pro). Mais le grand écart pour Ferrell, c’est aussi celui entre succès et bide : « bide » au singulier pour évoquer Le monde (presque) perdu de Brad Silberling qui rapporte 68 millions de dollars dans le monde, alors qu’il en avait coûté 100.

Semi-Pro, Kent Alterman, 2008

 


# 9 Les animaux

Le sport a son importance dans ses films, l’enfance éternelle aussi… mais quoi d’autre ? Les animaux. Voilà l’autre obsession Ferrellienne, l’affrontement déraisonnable mais toujours dédramatisé de l’homme et des bêtes sauvages : dans Ron Burgundy, la joyeuse bande se bat contre un ours dans un zoo ; dans Semi-Pro, Ferrell en affronte un autre, cette fois-ci sur un ring de boxe ; Ricky Bobby apprend à maîtriser sa peur en conduisant une voiture avec un puma pour passager ; le gentil Buddy se fait martyriser par un putois dans Elfe ; tout cela sans compter les dinosaures du Monde (presque) perdu et sans convoquer non plus l’analogie de l’affrontement d’un lion et d’un thon de Very Bad Cops.

Ricky Bobby : roi du circuit, Adam McKay, 2006

Semi-Pro, Kent Alterman, 2008

 


# 10 A succès mondial, succès français

Finies les sorties en petite pompe réservées à un public d’aficionados en quasi-exclusivité à l’UGC Orient-Express des Halles à Paris. En 2010, Very Bad Cops – auréolé d’un titre français porteur suite au succès surprise de Very Bad Trip l’année précédente – sort sur 200 copies et réunit 550 000 spectateurs en salles. C’est le premier succès français de Will Ferrell à reposer, du moins en partie, sur lui. La France connait enfin (un peu) Will Ferrell. La même année, grâce au film d’animation Megamind pour lequel il prête sa voix, il se retrouve même sur le plateau du Grand Journal, aux côtés de Kad Merad (son pendant VF pour le film). Ah, si ceci n’est pas un gage de popularité hexagonale, c’est à ne plus rien y comprendre.

 Will Ferrell, invité du Grand Journal de Canal Plus, 2010

 


# bonus La légende vivante

En juin 2014, soit six mois après la sortie américaine, Légendes vivantes débarquera sur l(es) écran(s) français. Le suite de Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy est très attendue (au tournant ?) par les fans. L’homme aux « cheveux divins et aux costumes qui faisaient passer Sinatra pour un clochard » signe enfin son grand retour. Maintenant que la Viennale lui a rendu hommage, le perspective de voir Ron Burgundy monter les marches du festival cannois en mai prochain ferait presque son chemin. Presque.