Les films de Cannes 2012 en microchroniques

Tous les films vus par nos rédacteurs sont ici évoqués au format Twitter, en 140 caractères maximum. Ca ne fera pas avancer la critique cinématographique, mais c’est garanti 100 % punch lines et ça s’allonge tous les jours.

MANIAC de Franck Khalfoun (Hors Compétition)

« La plus grande collection de FAILS de plans en caméra subjective de tous les temps ». H.B.

MUD de Jeff Nichols (Compétition)

« Une belle histoire de tentative de recomposition de la cellule familiale, que n’aurait pas reniée Spielberg ». H.B.

« Sorti de son petit chez lui, le cinéma de Nichols gagne en ampleur et en romanesque mais il perd en intensité. Une vraie déception. » N.R.

GIMME THE LOOT d’Adam Leon (Un Certain Regard)

« Sorte de Kids light, de Wackness soft, un film charmant mais discret et humble, au point de ne pas vouloir déranger ses spectateurs avec des résolutions d’intrigue. » H.B.

COSMOPOLIS de David Cronenberg (Compétition)

« David Cronenberg réapprend à traiter un sujet à bras-le-corps, mais le corps est ici voué à disparaître, à se faire perforer. Début de convalescence ». H.B.

THE PAPERBOY de Lee Daniels (Compétition)

« Proche de Boogie Nights mais pas le film, juste les vidéos parodiques absurdes dans le film. Avec Kidman tic et toc, Efron déjà plus top » H.B.

LE GRAND SOIR de Benoît Delépine et Gustave Kervern (Un Certain Regard)

« Assez drôle, mais une approche pourtant frontale de la révolution du prolétariat. D’autant plus attachant quand le sujet devient l’espoir de la révolution ». H.B.

HOLY MOTORS de Léos Carax (Compétition)

« Déclaration d’amour de Carax à Denis Lavant, au cinéma, à son cinéma… premier film de la première vague post-Oncle Boonmee, lui aussi libre et généreux » H.B.

DANGEROUS LIAISONS de Jin-ho Hur (Quinzaine des Réalisateurs)

« Même le traitement grossier et risible de cette adaptation chinoise des « Liaisons dangereuses » n’a pas raison de Cecilia Cheung, parfaite en Madame de Merteuil ». CB

POST TENEBRAS LUX de Carlos Reygadas (Compétition)

« Enfin le film avec lequel Carlos Reygadas se dénonce comme le faiseur qu’il est depuis plus de dix ans : allelujah ! ». C.B.

« A la seconde vision, l’agacement se dissipe, le puzzle prend forme et force l’admiration. Mais Reygadas n’en est que plus roublard… » H.B.

DANS LA BRUME de Sergei Loznitsa (Compétition)

« Entre deux temps et deux lieux, entre fondus au noir et personnages fondus dans le décor… Loznitsa sait au moins placer ses spectateurs dans un bel état second. » H.B.

« L’énième rejeton d’un cinéma de festival pompeux, auteuriste, dévitalisé car simplement nourri à la patate et à l’eau » N.R.

A PERDRE LA RAISON de Joachim Lafosse (Un Certain Regard)

« A perdre la raison fait l’effet d’un film tellement préoccupé par son épilogue choc qu’il en oublie d’avoir du sens ». C.B.

« Fausses pistes et moments égarements semblent précipiter la conclusion. Au final, la curieuse impression que le film s’est déroulé sans soi ». H.B.

COGAN, LA MORT EN DOUCE d’Andrew Dominik (Compétition)

« Un supplice de mise en scène à chaque conversation, et TOUT LE MONDE PARLE TOUT LE TEMPS ! ». C.B.

« Ritournelle violente façon Burn After Reading, contrepoints musicaux, ralentis, sous-texte politique clignotant. Quelle lourdeur ! » H.B.

LA PART DES ANGES de Ken Loach (Compétition)

« La part des anges est superbe. Aucun doute, le plus beau film de Ken Loach depuis Sweet Sixteen ». H.B.

ROOM 237 de Rodney Ascher (Quinzaine des Réalisateurs)

« Room 237 mélange lectures pertinentes de Shining et délires interprétatifs, ouvrant une fenêtre inattendue sur la folie ». C.B.

« Pour les fans de surinterprétation, ROOM 2x3x7, c’est Noël ! » H.B.

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU d’Alain Resnais (Compétition)

« Faux film-posthume, vrai prolongement de L’année dernière à Marienbad : déjà vu peut-être, mais d’un tel niveau ! ». C.B.

« Hommage à son œuvre et relecture partielle de Marienbad, une partition malheureusement plombée par un texte moins excitant que sa (ses) mise(s) en images. » H.B.

« La rencontre sublime des deux temps forts du cinéma de Resnais. Une démonstration de force impressionnante de bout en bout. » N.R.

LIKE SOMEONE IN LOVE d’Abbas Kiarostami (Compétition)

« Un formidable talent de mise en scène au service de pas grand chose, ça donne parfois un film de pas grand chose ». C.B.

 » Ligne(s) de conduite magistralement chorégraphiées. A tel point que les enjeux dramatiques ne semblent pas au niveau… « . H.B.

AMOUR de Michael Haneke (Compétition)

« Comme Caché ou les meilleurs Polanski, Amour sollicite en permanence le regard de son spectateur. Haneke nous épuise, positivement ». H.B.

ANTIVIRAL de Brandon Cronenberg  (Un Certain Regard)

« Starification, scarifications. Une métaphore, très triste, d’une célébrité qui se demande trop… et s’offre trop. Des images incroyables ». H.B.

DRACULA de Dario Argento  (Hors Compétition)

« Plans, éclairages, couleurs, CGI, incrustations : tous étranges et beaux. Anormaux, aussi. Et d’excellents sursauts gores… C’est déjà bien ! » H.B.

LA CHASSE  de Thomas Vinterberg (Compétition)

«Stupidité des personnages. D’où situations invraisemblables. D’où frustration et rage du spectateur. Absurde, bête, méchant. » H.B

« La chasse est l’exact inverse de Festen à tous les niveaux. C’est un mauvais film, comme il existe de mauvaises personnes » C.B.

AU-DELÀ DES COLLINES de Cristian Mungiu (Compétition)

« Au-delà des collines se lie à Requiem de H-S Schmid. L’emphase est moindre (pas de doute fantastique) mais la plastique, extraordinaire ». H.B.

DES HOMMES SANS LOI de John Hillcoat (Compétition)

« Je ne vois pas ce que fait « Lawless » en compétition, film conventionnel à peine préservé de l’ennui par ses accès de violence. » C.B.

« Que fait en compet’ un film n’ayant AUCUNE chance de gagner pour son scénario, sa mise en scène ou ses comédiens ? » H.B.

LAURENCE ANYWAYS de Xavier Dolan (Un Certain Regard)

« Xavier Dolan se cherche encore. Après Almodovar et WKW dans son second film, il se déguise en Araki. Un jour, il fera un grand film ». H.B.

« Entêté, entêtant. Agaçant, subjuguant. L’ acharnement de Laurence anyways finit par payer. Dolan, c’est plus fort que toi. Laurence, No matter what. » N.R.

ALYAH d’Elie Wajeman (Quinzaine des réalisateurs)

« Famille, amour, drogue, identité juive. Hommage raté au cinéma de James Gray, Alyah veut en faire beaucoup. Beaucoup trop. A l’arrivée, un film velléitaire. Comme son héros.  » N.R.

REALITY de Matteo Garrone (Compétition)

« Le cadre caresse le protagoniste, quand la mise au point souligne sa folie. Traitement attachant, mais récit finalement pantelant ». H.B.

DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard (Compétition)

« Avec Audiard, toujours ce trop-plein de sérieux, de chichis… Mais le dernier virage est beau, et Matthias Schoenearts bouleversant ». H.B.

L’ETUDIANT de Darezhan Omirbayev (Un Certain Regard)

« L’étudiant est parfaitement au diapason de son protagoniste apathique, emprunté à Crime et châtiment. C’est sa force et sa faiblesse ». C.B.

PARADIS : AMOUR d’Ulrich Seidl (Compétition)

« Une vision clinique et sans effets prononcés (autrichienne ?) du tourisme sexuel. Le moins pire des Ulrich Seidl ». C.B.

« Moins révoltant que bête et naïf : Seidl martèle ses scènes les plus vulgaires, au point d’être le seul à se croire encore couillu de le faire ». H.B.

LOS SALVAJES d’Alejandro Fadel (Semaine de la Critique)

« Entre Los muertos et Los bastardos, Los salvajes montre une forte mais trop longue régression au stade de Rahan, fils des pages farouches ». C.B.

LES BÊTES DU SUD SAUVAGE de Benh Zitlin (Un Certain Regard)

« Deux acteurs formidables (auxquels on croit), des événements spectaculaires (auxquels on croit) et des animaux magiques (on veut y croire!) ». H.B.

THE WE AND THE I de Michel Gondry (Quinzaine des Réalisateurs)

« Projet excitant sur le papier. Magnifique « Bus Party » à l’arrivée, même si The We and the I faiblit un peu en fin de parcours ». N.R.

« Un film choral au sens le plus musical du terme, et un vrai road-movie, même s’il est dérisoire dans son trajet géographique ». C.B.

APRES LA BATAILLE de Yousry Nasrallah (Compétition)

« Cette évocation de la révolution égyptienne n’a qu’un mérite, celui d’exister. Sa faiblesse artistique occulte tout discours pertinent ». C.B.

ROMAN POLANSKI : A FILM MEMOIR de Laurent Bouzereau (Hors Compétition)

« Une hagiographie sans intérêt pour qui a lu ou lira l’excellent première autobiographie du cinéaste, Le Roman de Polanski« . C.B.

MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson (Compétition)

« Chaque scène de Moonrise Kingdom fonctionne comme une case de calendrier de l’avent : on l’ouvre et derrière la miniature, l’aventure ». C.B.