TTFF 2014 : la seule bonne raison de bouder le soleil aux Caraïbes

C’est sur l’une des nombreuses îles des Caraïbes, à Trinité-et-Tobago, que se déroule le bien nommé TTFF : Trinidad & Tobago Film Festival. Une dizaine de films de fictions caribéens et autant de documentaires, mais aussi des courts-métrages et une section « nouveaux médias » rendent la manifestation attractive au-delà de son cadre paradisiaque.

 

Une sélection de long-métrages de fiction caribéens, c’est déjà une belle promesse en soi : l’occasion de voir des films produits au sein d’une seule et même région et, néanmoins, issus d’univers et de cultures variés.

Pour sa neuvième édition, le TTFF propose ainsi des œuvres de Cuba, de Porto Rico, d’Haïti, de la Barbade ou encore de République dominicaine. A ceux-ci s’ajoutent une douzaine de documentaires, au sein d’une sélection parallèle à dominante jamaïcaine cette année. Toutefois, sur place, celui qui a marqué les esprits est local : le docu trinidadien Art Connect de l’espagnol Miquel Galofré. Son film évoque le projet de l’artiste Wendell Mc Shine qui a changé la vie d’une communauté en faisant découvrir la peinture, la poésie, la musique et la danse aux enfants de Laventille (région du nord de Trinité-et-Tobago). Chacun d’entre eux s’est vu confier une caméra numérique pour documenter leur expérience personnelle. La diffusion d’Art Connect porte déjà ses fruits puisque le ministre de l’éducation Tim Gopeesingh a promis d’apporter son soutien pour que le programme soit étendu à l’ensemble du pays.

En marge de ses corpus majeurs, la section Panorama s’ouvre au reste du monde avec des succès passés de festivals internationaux : The Lunchbox, Les drôles de poissons-chats, Pelo Malo, Belle, Brooklyn, Concerning Violence, Omar ou encore le très puissant Siddharth de Richie Mehta, parmi trente autres.

ORISHAS de Santiago EcheverryLa diaspora caribéenne est aussi remarquable au sein de la section « New Media » qui propose une dizaine de courts et longs expérimentaux de vidéastes (réalisés entre 1973 et 2014) et même deux créations interactives signées par le saint-martinois David Gumbs. Cette frange « nouveaux médias » du festival fait la part belle aux artistes régionaux, qu’ils travaillent sur place ou bien ailleurs (Inde, États-Unis…), et se distingue sans mal comme la plus singulière du TTFF. Un rapide coup d’œil à la liste des films permet de s’en assurer : un titre tel que They say you can dream a thing more than once: Just because you wish for something, doesn’t make it true. Or does it?, voilà qui donne le la.

L’autre section de courts-métrages, plus traditionnels, n’est pas moins foisonnante. L’un des plus surprenants est sans doute Noka (keeper of worlds) de Shaun Escayg, une réussite qui dans son style et par son atmosphère peut aussi bien être rapprochée de Jeepers Creepers que de L’échine du diable. Et pas besoin de prendre l’avion pour voir celui-ci, il suffit de lancer la vidéo ci-dessous.

 


Noka, c’est déjà bien, mais une expérience plus exhaustive du TTFF, ce serait autre chose. Ça tombe bien, il vous fallait certainement une bonne excuse pour partir en voyages aux Caraïbes à la rentrée 2015, vous la tenez. Le TTFF qui, lors de cette prochaine édition, a pour ambition de gagner encore en prestige en lançant un marché du film caribéen et une base de données de l’industrie du cinéma de la zone Caraïbes, possède désormais tous les arguments pour vous convaincre de traverser l’Atlantique.


Le 9è Trinidad & Tobago Film Festival se déroule du 16 au 30 septembre 2014.