Asian Connection 2011 : le festival lyonnais qui défriche

Pour sa seconde édition, le festival Asian Connection de Lyon continue de défricher : beaucoup de premiers film venus d’Asie et notamment deux long-métrages co-produits par le festival et ses spectateurs.

Les organisateurs d’Asian Connection auraient pu jouer la facilité, qui aurait été de négocier la présentation de films asiatiques découverts au gré de divers festivals au fil de l’année. Hors de question. Le festival lyonnais, qui n’en est qu’à sa deuxième édition, met un point d’honneur à proposer des films rares, presque toujours en première française, et pour certains en première mondiale. La manifestation se tiendra du 19 au 23 octobre.

Initiative à saluer, le festival invite ses spectateurs à devenir co-producteur de long-métrages tournés en Asie. Deux d’entre eux, produits l’an passé, se retrouvent ainsi en compétition cette année : le documentaire Live in Bangkok de Santi Taepanich dont le sujet tient tout entier dans son titre et Better City, Better Life de Yasuhiro Himkashi qui, à travers le destin d’une shanghaïenne, évoque l’un des fléaux de la Chine d’aujourd’hui : l’expropriation.

La bande-annonce, en VO, de Better City, Better Life :

Parmi les autres films en compétition, deux documentaires semblent sortir du lot. Le premier, Election in Japan 2, de Kim Jiyoung, en plus d’inviter à rêver d’un remake du diptyque de Johnnie To par Kitano, possède un postulat initial prometteur : la campagne mouvementée d’un politicien aux idées radicales dans une bourgade peu accueillante. Le second, une production franco-cambodgienne nommée Le sommeil d’or, possède déjà une solide réputation. Alors que le cinéma cambodgien commence à peine à se réinventer, à coup de films d’horreur « cheap » et à l’imagerie unique, le documentariste Davy Chou revient sur l’âge d’or du cinéma national, brutalement anéanti par les Khmers rouges dans les années 1970. Les premiers échos sont élogieux et saluent des témoignages précieux et bouleversants. A noter que le réalisateur sera présent, le 22 octobre, pour présenter son film.

La bande-annonce en VOSTF du très attendu Sommeil d’or :

Parmi les autres long-métrages en compétition : Nirvana 13, huis-clos indien a priori plus proche du mélodrame que du thriller que le site officiel d’Asian Connection présente pourtant comme « étouffant » ; Night of Fish de Hiroshi Toda à qui le festival avait consacré une rétrospective en 2010 ; ou encore Red Dragonflies, qui prend des allures de réponse singapourienne à l’oeuvre de Stephen King à la lecture de son synopsis : trois ados, une balade le long d’un chemin de fer qui les change à jamais et leurs retrouvailles des années plus tard.

Sur le site de l’événement, les quelques lignes de présentation de chacun des 16 films, en et hors compétition, ne manquent pas d’étonner : l’un est censé rappeler La vache et le prisonnier, le documentaire Le sommeil d’or est comparé à du Wong Kar-wai, un autre devient « un Amélie Poulain inversé », etc. Que ces liens tissés par Asian Connection s’avèrent exactes ou grossiers, le mal est fait : ces quelques films frais donnent tous envie d’être découverts !