ST-DENIS 2017 : le parti d’en rire

Du 22 au 28 février se tiennent les 17èmes journées cinématographiques dionysiennes. Pour information, « dionysien » est le gentilé de « Saint-Denis ». Et pour plus d’information, le « gentilé », c’est le nom que l’on donne aux habitants d’une ville, d’un pays, etc. Mais loin d’être repliés sur eux-mêmes, ces sept jours de cinéma nous invitent à un tour du monde, d’autant plus ambitieux qu’il se veut joyeux – son fil conducteur étant le rire.

Choisir le rire comme étendard et les zygomatiques comme muscle de prédilection, après 2016 et alors que 2017 ne semble pas décidée à prendre un meilleur chemin, il fallait oser. Le programme du festival de St-Denis n’en est que plus alléchant, avec cette idée merveilleuse du tour du monde qui va permettre d’aborder par cet angle des cinématographies habituellement regardées sous leur seul profil sérieux : l’Iran et le Moyen-Orient, le Maghreb et l’Afrique, la Russie. Les étapes occidentales (Europe, États-Unis) du parcours promettent d’être tout aussi singulières et hétéroclites, l’équipe des Journées Dionysiennes préférant de toute évidence aux solutions prémâchées les chemins de traverse, ou bien l’association des contraires et des extrêmes.

Ainsi, l’espagnol Alex de la Iglesia ouvre le festival (le 21 au soir) avec le déjanté Mi gran noche, puis l’humour belge entre par la fenêtre d’une carte blanche laissée à l’entarteur Noël Godin. Pour ce qui est du traitement de leurs voisins méridionaux, c’est-à-dire nous, le panorama effectué par le festival quadrille un espace allant de Jean-Pierre Mocky (invité d’honneur pour la projection de quatre de ses films) à Bruno Podalydès (qui vient montrer la « version interminable » de Dieu seul me voit, en six épisodes de 52 minutes), et d’Éric Judor (en master class, comme Michel Hazanavicius) au duo de documentaristes Alain Della Negra et Kaori Kinoshita pour leur Bonheur Académie. De l’autre côté de l’Atlantique, chez les américains, le grand écart est plus immense encore, entre une nuit Divine (du nom de l’égérie travestie de John Waters) enchaînant quatre films, une journée mettant Whit Stillman à l’honneur en sa présence, le chef-d’œuvre Man on the moon de Milos Forman, ou encore la projection de deux films avec Will Ferrell restés inédits en salle en France : Casa de mi padre et Légendes vivantes. C’est pour le dernier jour du festival, tel un point d’orgue insurpassable.

Les 17èmes Journées cinématographiques dionysiennes se déroulent du 22 au 28 février 2017, au cinéma L’Écran de St-Denis.