LES 13 FILMS DE 2017 QU’ON A VUS ET QUI VONT FAIRE L’ANNEE… jusqu’en août (à peu près)

Et si vous preniez d’ores et déjà rendez-vous avec les films incontournables des mois à venir ? Au terme d’une année de festivals 2016, Accréds a vu et aimé des œuvres dont les sorties en France sont programmées en 2017. Nous en avons retenu treize. Treize créations qui, à nos yeux, méritent toute votre attention. Vous ne saviez pas quoi faire le 1er février, le 15 maris ou le 26 avril ? Maintenant, vous savez.

 

1er FEVRIER : MOONLIGHT de Barry Jenkins

MOONLIGHT de Barry JenkinsLe bleu est décidément une couleur chaude. Autour d’une thématique proche de celle de La Vie d’Adèle – l’apprentissage de la vie et des sentiments par un protagoniste homosexuel, à différents âges – Moonlight joue aussi avec cette couleur, pour en faire le pôle d’attraction, paisible et nocturne, de son héros inédit car cumulant afro-américanité, mère accro au crack et attirance pour une personne du même sexe. On imagine la difficulté de monter financièrement un film sur l’addition de deux de ses critères, mais alors trois… L’audace première de Barry Jenkins, un réalisateur à suivre, tient à ce protagoniste, inhabituel au cinéma, dont la présence suffit à donner à Moonlight valeur de manifeste. Si ce film est politique, il l’est parce qu’il impose sur grand écran une identité dont le cinéma mainstream – et une partie de l’opinion publique, pas seulement américaine ? – n’envisage même pas l’existence. Les bonnes intentions suffisent peut-être aux belles déclarations, mais pas aux bons films. Jenkins n’est pas Kechiche : ce n’est pas un reproche, c’est un simple constat ; il a son propre style, difficile à définir mais pas flou pour autant, dont on pourrait dire qu’il consiste à ne pas faire économie d’une beauté normalement réservée aux riches. Cette photo, sophistiquée, ou cette légèreté de caméra, on avait l’habitude de la voir chez Malick, avec des personnages blancs et bourgeois, plutôt que dans des films de banlieues défavorisées. Jenkins les fait siennes, donnant l’aura d’une star à son héros ou plutôt à ses héros : avoir confié le rôle principal à trois acteurs différents, n’ayant eu aucun contact entre eux pendant le tournage, permet de véritablement mettre en scène trois êtres plutôt qu’un seul, et les relais de l’un à l’autre procure une chaleur inattendue et précieuse.

 

8 FEVRIER : AMERICAN HONEY d’Andrea Arnold

Sasha Lane dans AMERICAN HONEYEn tant que projet impliquant Shia LaBeouf, American Honey et ses 2h45 n’ont rien d’excessif si on le compare à ALLMYMOVIES (3 jours non-stop) ou HEWILLNOTDIVIDEUS (4 ans non-stop). Aussi bon l’acteur y soit-il, la figure centrale du film reste la bien-nommée Star (Sasha Lane), jeune femme libre et courageuse comme celles de Wasp ou Fish Tank avant elle. Ce qui change chez la cinéaste britannique Andrea Arnold, c’est donc l’environnement puisqu’il s’agit de son premier film tourné outre-Atlantique. Mais qu’importe le pays, comme dans Wasp qui citait Roméo et Juliette ou dans Red Road avec Le magicien d’Oz et La belle au bois dormant, les références au conte et au merveilleux traduisent la difficulté pour les personnages de se fondre dans le décor. Le « vrai » monde ne donne pas très envie, et c’est en cela que l’on aura le sentiment que la bande de vendeurs de magazines itinérants à laquelle se greffe l’héroïne d’American Honey ressemble aux Enfants Perdus de Peter Pan. A cela, Andrea Arnold ajoute cette fois un second champ référentiel, plus contemporain puisqu’il s’étire de Super Mario à Superman en passant par Star Wars. Arnold renforce ainsi l’idée d’une opposition entre existence imposée et vie fantasmée. Que choisir ? Elle laisse un temps certain à son héroïne pour décider de son avenir, mais chaque scène prend sens et chaque moment compte.

 

15 FEVRIER : FUKUSHIMA MON AMOUR de Doris Dörrie

FUKUSHIMA, MON AMOUR de Doris DörrieSans aucun doute l’un des films les plus émouvants découverts l’année dernière en festivals. Après sa sortie en blu-ray et DVD en Allemagne, on craignait de ne pas le voir distribuer en France, à tort, fort heureusement. Porté par un titre référencé, peut-être un poil écrasant au vu de l’humilité du film, Fukushima mon amour scrute l’association improbable entre une Allemande partie faire du bénévolat auprès des déplacés de la catastrophe nucléaire, et une Japonaise, qui refuse tout net de laisser sa maison, malgré la désolation. L’humour attendu de ce choc des cultures, des âges et des mentalités, est bien là, mais contrairement à toutes les comédies sur la cohabitation impossible qui pourrissent le cinéma français, cette alliance des contraires ne se contente ni des stéréotypes, ni des facilités. Le buddy movie se met progressivement en sourdine, à mesure que les deux femmes s’isolent, du monde et des hommes. Condamnée à rester éphémère, la relation entre les deux héroïnes devient de plus en plus précieuse, parce qu’elle repose sur une reconnaissance intime de l’autre, par-delà les mots (aucune ne parle la langue de l’autre). Fukushima mon amour est un film bouleversant, féministe également, car il met en scène ses deux personnages comme les dernières liquidatrices, celles qui nettoient les dégâts laissés par les hommes, une fois que ces derniers ont foutu le camp. Il n’y a rien d’agressif à l’égard des mâles, simplement une manière de montrer qu’un monde sans homme n’est pas la fin du monde pour les femmes. Cela peut même être en plus le début de quelque chose de radieux.

 

22 FEVRIER : CERTAINES FEMMES de Kelly Reichardt

Lily Gladstone dans CERTAIN WOMENAnnoncé un temps en Direct-to-VOD, le très beau Certaines femmes – du reste Kelly Reichardt ne fait que des beaux films – connaîtra bien une sortie en salles cet hiver.  Le film compte trois récits tout juste entremêlés, presque des sketchs isolés, dont les deux premiers s’achèvent sur un exact même regard. Le premier est celui d’une avocate (Laura Dern) en direction d’un homme menotté, le second celui d’une femme perçue comme autoritaire (Michelle Williams) adressé à un vieil homme dont elle a obtenu ce qu’elle voulait (un stock de pierres, gracieusement). On suppose ces deux regards compatissants voire condescendants, mais ils fonctionnent en miroir et expriment la souffrance de ces deux femmes, sans cesse dépréciées qu’importe la valeur de leurs actions. Le personnage de Laura Dern aura passé huit mois à faire entendre raison à un client quand un collègue masculin y parvient en huit minutes et sans valeur ajoutée. Celui de Michelle Williams dirige sa propre entreprise et son mari avec, mais passe toujours pour son employée aux yeux des clients. Il y aura un troisième récit et un troisième regard, qui lui n’a rien d’équivoque : triste œillade d’une amoureuse transie (Lily Gladstone) envers l’objet de son affection (Kristen Stewart). Certaines femmes évoque un repli sur soi, qui dépasse l’idée de la solitude, quand le désir d’aller vers l’autre n’est pas récompensé. Le vent tournera se dit-on, tant Reichardt semble conter son récit au passé, depuis un futur empreint de nostalgie pour ces figures de passage dans nos vies, qui blessent sur le moment puis aident à grandir.

 

22 FEVRIER : SPLIT de M. Night Shyamalan

SPLIT de M. Night ShyamalanLe retour de Shyamalan ? Encore faudrait-il que le cinéaste soit parti un jour… On conçoit que Le Dernier maître de l’air ou After Earth puisse laisser dubitatif. En revanche, il faut être passé complètement à côté de The Visit pour ne pas y voir l’une des grandes réussites du cinéaste. « Réalisateur de Sixième sens » pour l’éternité, Shyamalan reconduit peu ou prou la configuration de son précédent long – de jeunes gens forcés de vivre avec un adulte détraqué – pour y injecter un certain nombre d’éléments venus de ses films antérieurs ; éléments que l’on vous laisse découvrir. La mise en scène est toujours aussi précise, allant parfois volontairement jusqu’à l’autocitation (le cadrage qui permet de se servir de fauteuils comme de caches naturels, par exemple, vu au début d’Incassable), la foi en la puissance de la fiction est renouvelée (Shyamalan continue d’ignorer le second degré et c’est tant mieux), les trajectoires narratives nombreuses malgré le petit nombre de personnages et le quasi huis-clos, et un acteur qui réalise l’impossible, James McAvoy, dans le rôle d’un homme aux personnalités multiples. L’exercice a laissé beaucoup de comédiens sur le carreau, les pauvres se débâtant avec des tics ou des vêtements improbables pour passer d’un comportement à l’autre. Pas McAvoy, qui n’a pas forcément besoin d’une robe pour camper une femme, à qui un cheveu sur la langue suffit à faire l’enfant, et qui réussit parfois grâce à un simple voile dans le regard à donner forme à la lutte intérieure qui le tourmente.

 

22 FÉVRIER : DE SAS EN SAS de Rachida Brakni

640_sas_en_sas_332tQui a déjà eu affaire au monstre froid de l’administration pénitentiaire sait qu’on ne passe pas une porte comme ça, sans être mis à l’épreuve, sans renoncer un peu à soi (les papiers et effets personnels que confisque une main anonyme), sans se sentir soi-même un peu détenu, retenu. Un jour de canicule, elles sont quelques-unes à se rendre aux parloirs de Fleury-Mérogis pour prendre des nouvelles de leur fils, de leur frère, du père de leur enfant. De sas en sas suit un groupe composé essentiellement de femmes. Ici, elles sont paradoxalement surveillées et livrées à elles-mêmes, et, au départ, on n’est pas sûr que leur camaraderie vienne seulement d’une expérience répétée du dedans. Pour certaines, la relation a commencé hors les murs, comme nous l’apprend la scène la plus tendue du film, la plus chaude dira-t-on, sans révéler ce qui s’y passe  ; disons juste que c’est le dernier « sas » après une suite de réclusions qui transforment un fait commun de la vie carcérale en odyssée et en enfer. Le premier long-métrage de Rachida Brakni tire sa force des contraintes spatiales imposées aux personnages, du huis clos – le terme juridique consacré pour dire “portes fermées” et qui renvoie au moment où la peine a été rendue (De sas en sas = “Huit femmes en colère”). On pourrait parler ici d’une double “peine”, d’une sanction ajoutée à la tristesse de (sa)voir son proche enfermé. En s’intéressant à celles qui ne font que passer, en maintenant les détenus dans le hors champ, Brakni se livre à un double portrait passionnant : celui d’un groupe poussé à se déchirer, celui d’une société française fracturée. Si le traitement réservé aux familles donne des sueurs froides, on n’ose pas imaginer ce que la prison fait à ceux qui la subissent au quotidien. Voilà un film qui donne envie d’aller relire Foucault.

 

8 MARS : LE SECRET DE LA CHAMBRE NOIRE de Kiyoshi Kurosawa

daguerrotypeLa rumeur veut que le film ait été refusé à Cannes, puis que les portes de Locarno et Venise soient restées closes à leur tour. Qu’il ait essuyé tous ces rejets ou non, la réputation qui précède Le Secret de la chambre noire n’est pas flatteuse, et les premiers échos critiques tendent à le confirmer. Pourtant, il serait fâcheux de rejeter ce premier essai français du réalisateur japonais, d’un revers de la main. Ne serait-ce que pour la curiosité de voir l’un des plus grands cinéastes en activité filmer l’un de nos fameux RER «Z2N» de la ligne C. Si le film est maladroit à certains égards, en particulier dans sa direction d’acteurs (Olivier Gourmet en roue libre et inintelligible), Kiyoshi Kurosawa n’en propose pas moins quelques plans sidérants. Encore heureux. En termes d’apparitions spectacles, certes il se répète depuis Kaïro en 2001 (voire Door III en 1996, qui en était le brouillon de ce point de vue) mais sa maîtrise est aujourd’hui absolue. Etirée et parfois confuse, l’intrigue convainc donc moins. Mais là encore, on peut la revaloriser si l’on souhaite convoquer le prisme hitchcockien : après Loft il y a une dizaine d’année, c’est à nouveau le fantôme de Sueurs froides qui hante aujourd’hui Le secret de la chambre noire.

 

15 MARS : ZOOLOGIE d’Ivan Tverdovsky

ZOOLOGIE d'Ivan Tverdovsky Considérons-nous comme des privilégiés. Quand nous avons vu Zoologie, nous ne savions pas à quoi nous attendre… jusqu’à cette sidérante scène d’IRM. Ce qui crée la surprise avec ce film fantastique réaliste a malheureusement déjà fuité. Dommage que le distributeur (Arizona Films) vende lui aussi la mèche… enfin la queue. Il en pousse une au bas du dos de Natasha. La sexagénaire cache son appendice à ses atroces collègues de travail et à sa mère fanatique (sans quoi elle passerait pour le Diable). Seul le jeune radiologue qui la suit est dans la confidence. Il deviendra son amant (pour de « bonnes » raisons ?). Zoologie a la bonne idée de ne pas fournir d’explication sur l’origine de cette bizarrerie cronenbergienne. Ce qui intéresse son réalisateur Ivan I. Tverdovsky, ce sont plutôt les répercussions sur la triste vie de l’héroïne (et aussi, en passant, sur son rapport à la bouffe). Il se trouve que notre femme à queue travaille dans un zoo. On laisse au spectateur imaginer quel rôle joue ce décor dans l’exploration de sa part animale. Faisons le pari qu’il sera surpris.

 

1er MARS : FIXEUR d’Adrian Sitaru

Tudor Istodor dans FIXEURLe « fixeur » du titre est celui qui permet la rencontre d’un journaliste et de son sujet. Dans le cas présent, Radu (Tudor Istodor) parvient à négocier un entretien exclusif avec une mineure tout juste de retour en Roumanie après avoir été prostituée en France. La jeune homme se met à éprouver des scrupules quant à sa participation au reportage, et forcément plus encore quand s’il s’agit de lui forcer un peu la main… Fixeur confirme l’émergence d’un nouveau talent du cinéma roumain, Adrian Sitaru. L’an passé, Illégitime avait déjà beaucoup plu : l’idylle interdite d’une jeune femme et de son frère jumeau, d’autant plus difficile à faire entendre quand la figure paternelle s’approche de celle de l’ogre (extraordinaire Adrian Titieni, déjà papa dans Baccalauréat). Le dernier plan du film était formellement saisissant, mais avant cela le casse-tête psychologique primait. Avec Fixeur, Adrian Sitaru continue d’écrire des personnages ambivalents et des situations complexes, soutenant en cela la comparaison avec les récits denses et riches de Corneliu Porumboiu, Cristi Puiu ou Cristian Mungiu, mais il y a désormais une volonté de corser autant qu’eux l’aspect formel de son cinéma. La grammaire cinématographique sur laquelle il s’appuie est moins précise et fournie, mais elle compense cela en étant plus facile d’accès, plus « grand public ». Entre cet atout et les liens établis ici avec la France, au niveau de l’intrigue, des personnages ou des dialogues, on veut croire à un petit succès du film dans nos salles.

 

19 AVRIL : SAYONARA de Koji Fukada

Tourné avant Harmonium, Sayonara de Koji Fukada n’arrivera chez nous qu’au printemps. Il ne faudra le rater sous aucun prétexte tant cette œuvre sublime, intransigeante, follement ambitieuse entérine avec brio le courage de Fukada à se réinventer du tout au tout à chaque nouveau projet. Sayonara ne ressemble en rien à Harmonium, qui lui-même n’avait rien en commun avec Au revoir l’été – si ce n’est une mélancolie qui court de film en film, plus ou moins anxieuse, en réaction à la faculté des humains à créer autant qu’à détruire. Sayonara pousse cette contradiction dans ses retranchements en filmant un Japon d’après l’apocalypse nucléaire, vidé à petit feu de ses habitants forcés de s’exiler dans d’autres pays ; mais où le flambeau de l’humanité (sa poésie, ses langues, ses émotions) est repris par un androïde… joué à l’écran par un véritable robot, comme c’était le cas sur scène dans la pièce de théâtre d’Oriza Hirata à l’origine du film. Geminoid-F, conçue par Hiroshi Ishiguro, donne la réplique aux acteurs humains dans les deux cas. L’occasion pour Fukada de traiter du futur proche en même temps que du présent dans un film radical et monumental.

 

26 AVRIL : ADIEU MANDALAY de Midi Z

ADIEU MANDALAY de Midi ZQuand il suffit d’un seul plan à un film, non seulement pour exciter la curiosité mais plus encore, enflammer l’imagination, il y a de fortes chances pour que le film en question soit réussi. C’est le cas d’Adieu Mandalay dont l’image forte – un homme et une femme séparés par les faisceaux de fils tendus entre eux – tient autant du fantastique (ces fils ressemblent à des rayons lumineux diffractés par un prisme) que du naturalisme (la scène se déroule en réalité dans une usine de tissage). A l’exception d’une scène – et quelle scène ! – ce long-métrage de Midi Z préfère plus souvent le réalisme au surnaturel, suivant le parcours d’une Birmane partie travailler en Thaïlande, dans l’espoir de faire sa vie à Taïwan. Se dessine entre ces 3 pays un triangle que l’on baptise sans scrupule Triangle des Bermudes, puisque s’y engloutissent irrémédiablement les corps et les résolutions. Pas les émotions par contre, celles du spectateur comme celles de l’héroïne du film ; Adieu Mandalay assumant avec élégance un devenir mélodramatique qui n’enlève rien à la fermeté de son discours sur l’état du monde.

 

AOÛT-SEPTEMBRE : BANGKOK NITES de Katsuya Tomita

BANGKOK NITES de Katsuya TomitaLe franc-tireur japonais Katsuya Tomita, qui évolue tellement à la marge de son pays natal qu’il n’y habite même plus (il réside en Thaïlande), revient enfin avec le successeur du superbe Saudade. Bangkok Nites se présente sous la forme d’une autofiction – Tomita interprète en personne le rôle principal, qui reprend de lui un bon nombre de traits caractéristiques. Mais le talent et l’audace du cinéaste subliment ce genre casse-gueule, le faisant accoucher d’un film-fleuve qui nous embarque dans un grand voyage géographique, cinématographique, temporel. Tomita réussit à faire cohabiter des références de tous horizons (les esprits de Weerasethakul et Ferrara, le Scorsese des Affranchis et le Coppola d’Apocalypse Now…) ; il nous emmène de Bangkok aux confins de la jungle, à la frontière avec le Laos et le Cambodge, en étant à son aise partout ; il fait résonner le colonialisme présent des japonais avec les échos de celui du passé, exercé par les Américains. Tout cela sans jamais perdre une sensibilité qui nous rend profondément attachants tous les êtres croisés, pour plusieurs heures ou pour une scène.

SANS DATE PRECISE (mais en 2017, sûr, pas comme Upstream Color) : CREEPY de Kiyoshi Kurosawa

CREEPY de Kiyoshi KurosawaLui aussi, comme Fukada, tourne trop vite pour que les distributeurs puissent suivre : Kiyoshi Kurosawa a montré Creepy à Berlin l’an passé, mais il ne sortira chez nous qu’après son film suivant, Le Secret de la chambre noire. Pour mémoire Creepy trône au sommet de notre Top 2016, alors que rajouter de plus ? Que ce film marque le retour de Kurosawa à un cinéma de genre brut, direct, sauvage. Que l’unité de lieu, de temps et d’action déterminée par le script offre un cadre idéal à la virtuosité du réalisateur dans la mise en scène, et la conduite d’un récit volontiers pervers et cauchemardesque. Que l’on a beau savoir depuis Cure de quoi Kurosawa est capable, il arrive une fois encore à nous faire glisser insidieusement vers la folie, aussi sûrement que son protagoniste avec les infortunés occupants de la maison mitoyenne.