Ce qui change à Venise

Quels changements pour la 69e Mostra ? D’où vient Alberto Barbera, son nouveau directeur artistique ? Deux questions à se poser avant le 29 août et l’ouverture du festival vénitien. 

Il y a du sang neuf à Cannes : Charles Tesson à la Semaine de la Critique, Edouard Waintrop à la Quinzaine des Réalisateurs. Il y en a également à Venise. Comme annoncé depuis plusieurs mois, Marco Müller cède la place à Alberto Barbera après huit ans de mandat. Les raisons de son départ sont obscures. La plus probable reste la relation tendue avec Paolo Baratta, le président de la Biennale de Venise. La presse américaine parle d’une lutte de pouvoir entre les deux hommes. Müller ne serait pas parti de son plein gré. Mais à lui Rome, un gros chèque, et le double titre de président et directeur artistique du festival concurrent né en 2006.

Tout change avec l’arrivée d’Alberto Barbera. A commencer par les lieux de projection. Les festivaliers découvriront un Palazzo Del Cinema flambant neuf, plus grand, plus fonctionnel. Deux autres salles importantes ont été rénovées pour cette 69e édition – la Zorzi et la Pasinetti – quand la Volpi, qui porte le nom du créateur du festival, sera déplacée à l’extérieur du Palais à cause de sa vétusté. C’est le particularité de la Mostra : niveau infrastructures et architecture, on se croirait dans l’Italie de Mussolini. Plus pour longtemps apparemment.

On en parlait dans un article précédent. Pour la première fois, le plus vieux festival de cinéma au monde aura son marché du film. Basé à l’hôtel Excelsior (400 euros la nuit et plusieurs avis négatifs sur Trip Adivsor, ne regrettez pas la coloc…), il se déroulera du 30 août au 3 septembre, sous la direction de Pascal Diot. Ancien directeur des ventes internationales de TF1, UGC, Canal + ou encore Pathé, Diot est une des personnalités importantes du Torino Film Lab fondé par…Alberto Barbera quand il exerçait comme directeur du Musée National du Cinéma de Turin. Quant au Biennale College Cinema, nouveau dispositif mis en place cette année, il prolonge le travail des écoles de cinéma en organisant des ateliers. Son but est d’accompagner les jeunes réalisateurs, en priorité ceux qui tournent des longs métrages à petit budget.

Concernant l’essentiel, la programmation, répétons ce qui a déjà été dit ici. L’orientation prise par Barbera évoque fortement le modèle cannois et sa Sélection Officielle. Il y aura les films en Compétition (18 au total), Hors Compétition (11) et la sélection Orrizonti (12). 

En bonus, le CV d’Alberto Barbera

1980 – 1983 : Critique pour le quotidien italien « La Gazzetta del Popolo »

1989 –1998 : Directeur du Festival International du Jeune Cinéma de Turin créé en 1982

1999 – 2002 : Directeur artistique de la Mostra de Venise

Depuis 2004 : Directeur du Musée National du Cinéma de Turin

2002-2006 : Directeur du Festival de la critique de cinéma d’Alessandria

2010 : Membre du jury du 63e Festival de Cannes présidé par Tim Burton. Qui sait, c’est peut-être à lui que Weerasethakul doit sa Palme d’Or.

2012 : N’a toujours pas de compte Twitter. Les fans de Béla Tarr le surnomment déjà « le bon cheval de Turin ». Pas moins cinéphiles, les fans des Inconnus préfèrent « ça te Barbera », en référence à une célèbre parodie. Que voici.