CANNES 2012 : premières rumeurs hasardeuses et infondées

Le Festival de Cannes est le plus populaire au monde. Parmi ses privilèges, il possède notamment celui de faire spéculer tous les cinéphiles et ce, bien des mois avant son ouverture. Dans notre cas, et ce n’est pas à notre honneur, les prévisions débutent avant même l’ouverture du Festival de Berlin…

Entre 75 % et 100 % de chances d’être à Cannes :

AMOUR de Michael Haneke

Haneke est un habitué du festival, cinq fois en compétition, trois fois primé dont une Palme d’or en 2009 (Le Ruban blanc). Devant sa caméra, Isabelle Huppert, Présidente du jury l’année de son sacre. Le réalisateur et son actrice sont à la maison quand ils viennent sur la Croisette.

THE MASTER de Paul Thomas Anderson

Le nouveau projet de PTA a tardé à se finaliser, la faute à des soucis de production (lâché par Universal, ressuscité par Annapurna Pictures) et à un casting remanié (Joaquin Phoenix annoncé au début, remplacé par Jeremy Renner puis de retour, une fois sa parenthèse-happening I’m still here terminée). Le film, évocation lointaine de L. Ron Hubbard, fondateur de l’Église de scientologie, façon Cobain dans Last Days, devrait être prêt pour Cannes. La dernière participation de P.T Anderson lui avait valu le Prix de la mise en scène pour Punch-Drunk Love (2002).

DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard

Que l’on ait trouvé Un prophète puissant ou gonflant, de par son symbolisme et son maniérisme, ce Grand Prix cannois obtenu en 2009 lui assure une présence en compétition cette année. La sortie via UGC est déjà planifiée pour octobre. Marion Cotillard et Bouli Lanners en sont les têtes d’affiche.

LAURENCE ANYWAYS de Xavier Dolan

Troisième apparition sur la Croisette en trois films pour Xavier Dolan ? Non seulement, cela semble probable mais une première fois en compétition ne surprendrait pas non plus grand monde. Laurence anyways parle de changement de sexe, et Melvil Poupaud en est l’acteur principal (ayant remplacé Louis Garrel, initialement prévu pour le rôle). Ah oui, pour mémoire, Dolan aura tout juste 23 ans en mai prochain.

MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson

C’est l’un des buzz de ce début d’année. La bande-annonce du nouveau film du réalisateur de La famille Tenenbaum et de The Darjeeling Limited rend fous les cinéphiles de par le monde (à voir ci-dessous). La sortie française est calée au 16 mai, l’américaine au 25. Ouaip, cannois Wes…

THE ANGEL’S SHARE de Ken Loach

« Plus jamais ça ! »… A priori, Thierry Frémaux a dû tirer les oreilles de l’ami Loach après avoir visionné Route Irish, entrée tardive en compétition en 2010. Mais son film, désastreux, assurément son plus mauvais, n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Son nouveau, une histoire de seconde chance et de mauvais choix, a de grandes chances de devenir sa onzième présence en compétition.

JACK & DIANE de Bradley Rust Gray

Une production indé américaine, dont la sortie outre-Altantique est prévue au 1er juin, avec une Kylie Minogue prête à casser son image, ce Jack & Diane a mis toutes les chances de son côté pour venir renforcer la Quinzaine des réalisateurs voire le Certain Regard. Le film est produit par So Yong Kim (la réalisatrice de Treeless Mountain et de For Ellen – présenté dans la section Forum, à la Berlinale 2012).

SIMON KILLER d’Antonio Campos

Simon Killer est présenté en janvier à Sundance, ce qui n’exclut pas une sélection à la Semaine de la Critique ou à la Quinzaine des réalisateurs. Campos y dirige pour la première fois Brady Corbet, acteur dans ses deux productions : Two Gates of Sleep et Martha Marcy May Marlene. Simon Killer se déroule à Paris et Constance Rousseau, la révélation de Tout est pardonné (Mia Hansen-Løve, 2007), lui donne la réplique.

Et aussi : GEBO ET L’OMBRE de Manoel de Oliveira ; APRES MAI d’Olivier Assayas ; HOLLY MOTORS de Leos Carax ; PARADIES d’Ulrich Seidl, THE END d’Abbas Kiarostami ; SUR LA ROUTE de Walter Salles ; REBELLE de Mark Andrews et Brenda Chapman (production Pixar) ; THE MILITANT de Manolo Nieto (produit par Lisandro Alonso).

La bande-annonce en VO non sous-titrée de Moonrise Kingdom :

Entre 50 % et 75 % de chances d’être à Cannes :

THE BURIAL de Terrence Malick

Pourquoi ne pas imaginer Malick faire le même coup que James Gray en 2008 ? Un an après l’imposant La nuit nous appartient, le cinéaste jusqu’alors plutôt rare était déjà de retour avec la belle et sombre romance Two Lovers. Certaines rumeurs disent The Burial de Malick déjà prêt. Alors, il est plausible d’assister à ce come back cannois hâtif de la part du lauréat 2011 de la Palme d’or pour (son magnifique) The Tree of Life.

THE GRANDMASTERS de Wong Kar-wai

L’arlésienne des grands festivals internationaux, espérée depuis 1 an et demi, pourrait enfin être dévoilée sur la Croisette. Seul l’amour qui unit Cannes et le cinéaste de Hong-Kong permet de croire, plus que jamais cette fois-ci, à sa présentation. WKW évoque la relation de Bruce Lee et de son maître IP Man. Un nouveau Wu Xi Pian pour le réalisateur, dix-huit ans après Les cendres du temps.

DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino

Le western (ou « southern » corrigerait-il) de Q.T apparait sous possible influence de Sukiyaki Western Django de Takashi Miike dans lequel il avait un petit rôle en 2007, qui  lui-même s’inspirait déjà du classique Django de Sergio Corbucci. La génèse importe peu et les attentes sont au plus haut. Le film est annoncé en salles en France pour décembre, et sa présence cannoise parait crédible, même s’il est difficile d’être assuré que le film soit prêt en mai.

IN ANOTHER COUNTRY de Hong Sang-soo

Le jour où l’on apprendra officiellement que HSS a tourné tous ses films le même jour, dans le même studio, avec les mêmes acteurs et les mêmes bouteilles de bière, personne ne s’étonnera plus qu’ils sortent avec une cadence si soutenue. Certains ont donc beau dire que son film avec Isabelle Huppert n’est pas terminé, parions sur sa présence à Cannes.

PROMOTHEUS de Ridley Scott

Une énorme production SF hollywoodienne dont seul le nom de Ridley Scott ne saurait certifier une sélection cannoise. Et pourtant… les souvenirs de X-Men – l’affontement final (2006), Star Wars – la revanche des sith (2005), Ghosts of Mars (2003) ou encore Mission to mars (2000) , tous présentés Hors Compétition, jouent en sa faveur.

POST TENEBRAS LUX de Carlos Reygadas

Parmi les grands habitués cannois de la décennie passée, Reygadas est peut-être celui qui, sur place, divise le plus la critique. Caméra d’or pour Japón, Prix du jury pour Lumière silencieuse, les jurés l’aiment sans retenue, en revanche. Les avis divergent sur le net quant à sa possible date de sortie. Gageons que le cinéaste méxicain a tout mis en ordre pour que son montage soit finalisé d’ici mai.

NERO FIDDLED de Woody Allen

Retour, forcément attendu, de Woody devant sa propre caméra… six ans après Scoop. A ses côtés : Alec Baldwin, Roberto Benigni et quelques jeunes têtes : Jesse Eisenberg (ce n’était qu’une question de temps…), Ellen Page et Greta Gerwig. Sa nouvelle escapade européenne se déroule en Italie, et plus précisément à Rome ; une quinzaine d’années après avoir fait un crochet à Venise dans Tout le monde dit I love you. On l’imagine à Cannes, et l’on l’imagine d’autant mieux Hors compétition.

Et aussi : COSMOPOLIS de David Cronenberg ; PROVIZORIU de Christian Mungiu ; HISTORY OF THE ARKANAR MASSACRE d’Aleksei German ; DEVIL’S KNOT d’Atom Egoyan ; JIMMY PICARD d’Arnaud Despechin ; BIG HOUSE de Matteo Garrone ; FOXFIRE de Laurent Cantet ; A ÚLTIMA VEZ QUE VI MACAU de Joao Pedro Rodrigues (documentaire).

Découvrez le « martial teaser » de The Grandmasters. S’il s’agit juste du « martial », c’est parce qu’il promet d’être plus qu’un simple film de Kung-fu.

Entre 25 % et 50 % de chances d’être à Cannes :

STOKER de Park Chan-wook

C’est l’un des projets les plus curieux et les plus attendus de l’année : sur un scénario de l’acteur Wentworth Miller (Prison Break), aux prémices lorgnant vers Théorème, il s’agit du premier film américain de Park Chan-wook (Grand Prix à Cannes en 2004 avec OldBoy), produit par les frères Scott (comprenez Ridley et Tony) et mettant en scène Nicole Kidman et Mia Wasikowska. Oublions Thirst qui n’avait pas séduit toute la croisette en 2009 (et certainement pas notre rédaction), et espérons le grand retour du cinéaste coréen avec Stoker.

WETTEST COUNTY de John Hillcoat

Casting viril pour le nouveau film du réalisateur de The Proposition et de La route : Tom Hardy, Gary Oldman, Guy Pearce, Shia LaBeouf. Les premières images évoquent un film cousin des Incorruptibles. A défaut de savoir si le film sera prêt à temps pour Cannes, il n’en pas moins tout l’air de du traditionnel outsider hollywoodien de la compétition.

MEN IN BLACK III de Barry Sonnenfeld

La date de sortie mondiale du film semble indiquer un vague désir de la part des producteurs de faire partie de la Sélection officielle cannoise. La perspective de voir Will Smith, Tommy Lee Jones et Josh Brolin (qui joue l’Agent K jeune, comment rêver mieux ?) monter les marches avec costumes et lunettes noires est alléchante. Il faudrait que cette suite, particulièrement tardive, soit suffisamment réussie pour être assurée de sa projection cannoise.

A PIGEON SAT ON A BRANCH REFLECTING ON EXISTENCE de Roy Andersson

Avec les présences plus que probables de Wes et de P.T Anderson en compétition, se décuple la probabilité de les voir rejoins par leur (presque) homonyme suédois. Sa nouvelle création n’est autre que le dernier volet de sa trilogie entamée en 2000 avec Chansons du deuxième étage et prolongée par le très inférieur Nous les vivants en 2007. Les deux films eurent les honneurs de la Sélection officielle. Reste à savoir si  Roy Andersson aura su donner le dernier coup de pinceau de son tableau mouvant dans les temps impartis.

3.11, SENSE OF HOME , coréalisation

Film à sketchs sensé être diffusé dès le 11 septembre 2011, soit 6 mois exactement après la tragédie de Fukushima, 3.11 est toujours invisible à ce jour. Pour peu que ce projet-hommage soit toujours d’actualité, les premiers noms de coréalisateurs évoqués en font une oeuvre très « cannoise » : Apichatpong Weerasethakul, Naomi Kawase, Victor Erice, etc.

Et aussi : SECONDS OF PLEASURE de Mike Figgis ; 47 RONINS de Carl Rinsch ; DRUG WAR de Johnnie To ; NO de Pablo Larrain ; THE DOOR de Istvan Szabo ; OUTRAGE 2 de Takeshi Kitano ; IN THE QING DYNASTY de Jia Zhang-ke.

La BA en VOSTF d’un outsider pour la Sélection officielle : Men in Black III

Entre 1 % et 25 % de chances d’être à Cannes :

LOW LIFE de James Gray

Peu d’espoir de le voir à Cannes mais, sait-on jamais puisque, de nouveau, il suffit de convoquer le souvenir de la sélection surprise de Two Lovers pour y croire (un peu). Gray y parlerait immigration, prostitution, séduction ; avec pour interprètes Marion Cotillard, Joaquin Phoenix et Jeremy Renner.

DARK SHADOWS de Tim Burton

A ce jour, le film a été officiellement annoncé en salles dans une dizaine de pays européens une semaine avant le début du festival. Techniquement, ceci indique que Tim Burton et ses traditionnels acolytes Johnny Depp et Helena Bonham Carter ne monteront pas les marches du Palais cette année. Mais si c’est juste une question de date…

LIFE OF PI d’Ang Lee

Annoncée pour fin décembre 2011 puis repoussée d’une année complète, l’adaptation du roman de Yann Martel – passée par les mais de M. Night Shyamalan et d’Alfonso Cuaron – est finalement mise en scène par Ang Lee. A ce jour, le cinéaste taïwanais a reçu deux fois l’Ours d’or à Berlin (pour Garçon d’honneur et Raison et sentiments) et deux fois le Lion d’or à Venise (pour Le secret de Brokeback Mountain et Lust, Caution), mais jamais aucun prix à Cannes.

PORCO ROSSO : THE LAST SORTIE d’Hayao Miyazaki

Dans ce cas précis, la probabilité se rapproche probablement plus d’1 % que de 25. Voir Hayao Miyazaki fouler pour la première fois le tapis rouge du festival de Cannes serait, néanmoins, un régal pour de nombreux fans. Une partie d’entre eux, peut-on supposer, préfererait toutefois attendre qu’il le fasse pour un projet plus singulier que cette suite de Porco Rosso (premier Miyazaki sorti en France, et celui qui a rassemblé le moins de spectateurs aussi).

THE DARK KNIGHT RISES de Christopher Nolan

The Dark Knight – le chevalier noir de Nolan était sorti aux Etats-Unis en juillet 2008.  Quatre ans plus tard, Warner a prévu le même calendrier pour cette suite. Le précédent n’était pas à Cannes, personne n’attend donc celui-ci non plus. En 2010, beaucoup pensaient retrouver Sex and the city 2 Hors compétition et… ce n’est pas arrivé. Alors pourquoi ne pas assister à l’inverse, cette fois-ci ? La pauvreté de l’argumentaire est inversement proportionnelle à notre hâte de découvrir ce nouvel épisode de Batman.

MUD de Jeff Nichols

Un an à peine après la déferlente Take Shelter, primé à la Semaine de la Critique et à peu près partout où il fut présenté depuis, certains imaginent ce nouveau projet de Jeff Nichols déjà prêt, et prêt pour la Compétition officielle. Mud se déroule dans le Mississippi et pourrait bien ressembler à un film-frère de L’autre rive de David Gordon Green (2004). Un long-métrage qui permet à Matthew McConaughey et Reese Witherspoon de rejoindre la famille Nichols. Son comparse de toujours, Michael Shannon, est quant à lui bien évidemment présent au générique.

Et aussi : L’ECUME DES JOURS de Michel Gondry ; CLOUD ATLAS des frères Wachowski et Tom Tykwer ; NIGHT MOVES de Kelly Reichardt ; INSIDE LLEWYN DAVIS des frères Coen ; SLEEPING BEAUTY de Marco Bellocchio ; CORNOUAILLE d’Anne Le Ny ; PASSION de Brian de Palma

…et imaginons encore, sortis de nulle part, de nouveaux films de Lee Chang-dong (Peppermint Candy, Poetry), de Corneliu Porumboiu (Policer, Adjectif), de Sivaroj Kongsakul (Eternity), de Patrice Chéreau, de Jacques Rivette, de Barbet Schroeder, etc, etc.

Pour finir en beauté, voici le trailer de The Dark Night Rises. Si le film – et notre rédaction le craint – ne connaît pas sa Première internationale sur la Croisette, ceci aura au moins été l’occasion unique de visionner cette impressionnante bande-annonce sur Accreds.fr :