Amiens 2011 : avec Joe Dante et Mohammad Rasoulof

A défaut de dévoiler sa compétition, le 31ème festival international du film d’Amiens annonce des hommages à Joe Dante et Mohammad Rasoulof qui justifient à eux seuls le déplacement.

Le festival d’Amiens est seulement à 90 minutes de Paris, à 30 de Beauvais et à 0 d’Amiens. Autant de raisons d’espérer y voir beaucoup de cinéphiles emplir les salles de projections du 11 au 19 novembre prochain. En attendant l’annonce de sa compétition de courts et de long-métrages, les hommages proposés pour la 31ème édition sont déjà alléchants.

L’un d’entre eux donne tout particulièrement envie d’y faire un saut : celui rendu à Joe Dante en sa présence. Le site officiel annonce une présentation de quelques unes des pièces maîtresses de son œuvre ainsi qu’une carte blanche, truffée de « trésors inattendus » nous promet-on. Joe Dante possède, notamment, une affection sans pareille pour William Castle, spécialiste de l’effroi et instigateur de séances à attraction faisant lorgner le cinéma bis vers le spectacle forain. Il lui consacra une biographie déguisée (Panic sur Florida Beach, 1993) et ne manqua pas parsemer sa filmo de clins d’oeil au cinéaste (Gremlins 2 et ses références au Désosseur de cadavres, surtout). Gageons donc que Dante présentera quelques uns de ses films à Amiens. Concernant la rétrospective consacrée à ses propres créations, outre les classiques de toujours que sont les Gremlins, L’aventure intérieure ou Hurlements et ses perles méconnues (The Second Civil War), chacun espère y découvrir The Hole. Toujours inédit chez nous, le dernier Dante, tourné en 3D, serait sans nul doute le clou de la programmation du festival picard s’il venait à être projeté.

En attendant l’éventuelle projection de l’inédit The Hole – 3D , voici la bande-annonce VO :

 

L’autre personnalité attendue est l’iranien Mohammad Rasoulof. Et c’est, bien sûr, un évènement en soi. Le réalisateur d’Au revoir, présenté à Cannes en mai dernier et sorti le 7 septembre dernier, avait été condamné à une peine de six ans de prison pour « propagande contre le régime » en début d’année, celle-ci étant assortie d’une interdiction d’entamer un quelconque tournage et de quitter le territoire pendant 20 ans. Jafar Panahi, dont l’autobiographie filmée Ceci n’est pas un film est sortie en salles le 28 septembre, avait alors écopé de la même sentence. Depuis le mois de mai, toutefois, Rasoulof peut à nouveau quitter le territoire. Une précision omise par le site officiel du festival amiénois qui juxtapose deux informations contradictoires dans ses colonnes : son impossibilité de franchir les frontières iraniennes et sa présence à leur manifestation. Au-delà de l’intérêt que l’on peut porter à la filmographie de l’auteur de La vie sur l’eau, la rencontre avec l’homme, inévitablement axée sur la liberté d’expression, devrait être passionnante.

La bande-annonce d’Au revoir de Mohammad Rasoulof, dont l’édition DVD est espérée pour début 2012 :

Sur un versant plus léger, le festival rendra aussi hommage au studio d’animation estonien Nukufilm, au compositeur Bernard Herrmann (toujours pratique pour projeter des classiques de Hitchcock ou de Welles), mais aussi au cinéma gabonais à travers l’œuvre de Philippe Mory (scénariste de Dolè – l’argent et réalisateur, entre autres, de Les couilles de l’éléphant). Enfin, un pan de la programmation sera consacré aux plus grands chefs opérateurs mexicains, en présence de certains talents d’aujourd’hui : Guillermo Navarro (Le labyrinthe de Pan et, bientôt, The Hobbit) et Emmanuel Lubezki (The Tree of life) en tête.

La 31ème édition du Festival International du Film d’Amiens se déroule du 11 au 19 novembre 2011.